Soudan du Sud

Et pendant ce temps, des Sud-Soudanais, des personnels en mission, des journalistes, des visiteurs tweetent, envoient des courriels, postent des commentaires sur les réseaux sociaux.

De : Reçu le 2 mars 2017. 17h27. L’armée rouge du Sud-Soudan. Extrait d’une interview réalisée le 24 février 2017n par Al-Jazeera, de Rebecca Nyandeng Garang, la veuve du défunt leader de la guérilla du Sud-Soudan en lutte contre Khartoum. A propos d’un rapport de Human Rights Watch sur les enfants-soldats.

Les enfants étaient avec leurs familles, ils ne pouvaient aller à l’école, et ils suivaient l’armée parce qu’en suivant l’armée, ils bénéficiaient de meilleurs services, de quoi manger et des choses comme ça parce que nous étions dans la savane sauvage. Quelques enfants ont suivi ensuite l’armée, mais il n’y a jamais eu de recrutement forcé.

 

Rebecca Nyandeng Garang a été la conseillère en matière de droits de l’homme pendant 3 ans, de l’actuel président intérimaire Salva Kiir.

Des milliers d’enfants ont été recrutés de force durant les années de guerre passées -ou celle en cours-, par toutes les parties en conflit. Sur le terrain, ils étaient présentés comme les enfants gardiens des troupeaux de bétail, qui vivent loin de leurs familles, et qui ont été séparés du fait des combats. La Croix-Rouge internationale, Save the Children, l’Unicef ont tenté à plusieurs reprises de les soustraire aux armées, avec plus ou moins de succès, car celles-ci, dont l’Armée de libération du Sud-Soudan de John Garang, étaient tenaces, et ne livraient que quelques jeunes recrues aux organisations non gouvernementales pour faire bonne figure.

 

De :  Reçu le 10 février 2017, 16h40. Extrait de la lettre publique de démission de Thomas Cirillo Swaka, lieutenant-général de l’Armée de libération du peuple soudanais (SPLA), adjoint à l’état-major de l’armée, en charge de la logistique, adressée au commandant-en-chef, Salva Kiir, président du Soudan du Sud.

Je démissionne de mes fonctions d’adjoint au chef d’état-major, responsable de la logistique, et de l’Armée de libération du peuple soudanais pour les raisons suivantes :

Je suis convaincu que les violences qui ont éclaté à Juba en décembre 2013 et qui se sont répandues rapidement dans plusieurs endroits au Soudan du Sud, se transformant en une guerre dévastatrice, ont été planifiées et organisées. Cette guerre tribale a eu pour conséquences, des milliers de morts innocents dans la population, principalement des civils, des femmes et des enfants qui vivent aujourd’hui dans des conditions misérables comme déplacés, virtuellement prisonniers dans les camps des Nations unies, ou comme réfugiés à l’étranger.
En août 2015, après presque deux ans de guerre civile, et beaucoup de souffrances parmi la population, les deux parties ont signé un accord de paix, sous la supervision de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Malheureusement, le gouvernement du Soudan du Sud a délibérément organisé les violations de ces accords de paix qui ont conduit  aux affrontements de Juba en juillet 2016 et à l’effrondrement total des accords, et la reprise de la guerre civile.

Je suis en désaccord avec cet état de fait et j’ai perdu patience devant la conduite du président et commandant-en-chef, le chef d’état-major et les autres officiers supérieurs du quartier général de la SPLA aussi bien que du département des commandements. Le président et ces officiers supérieurs ont systématiquement saboté les applications des accords de pays et ont suivi l’agenda de nettoyage ethnique préconisé par le Conseil des anciens, le Jieng [Conseil ndinka, connu pour ses positions extrémistes], forçant les habitants à quitter leurs terres ancestrales et les soumettant à une domination ethnique.

Je refuse de continuer à prendre part à la destruction de notre pays bien-aimé par l’armée.

La SPLA devait être transformée et professionnalisée pour devenir une armée nationale et non partisane comme il était prévu [dans les accords de paix]. Cependant, le président Kiir et sa clique dirigeante Ndinka ont transformé de façon tactique et systématique la SPLA en une armée partisane et tribale. Il s’agit aujourd’hui d’une milice fidèle à la direction tribale du président Salva Kiir et au chef d’état-major, Paul Malong Awan. La SPLA a perdu le respect des citoyens sud-soudanais et de la communauté internationale. Pire que cela, elle a brisé les rêves, les espoirs et les aspirations des Sud-Soudanais.

Le lieutenant-général Thomas Cirillo, est d’ethnie bari. La même ethnie que le second vice-président, James Wany Igga. Il est le deuxième officier supérieur a claqué la porte depuis la reprise du conflit en juillet 2016.
La réaction du président Salva Kiir, après cette annonce : « quand ils sont dans l’armée, ils soutiennent les actions de l’armée et du gouvernement. Quand ils la quittent, ils disent que c’est une armée tribale« . Par ailleurs, les autorités accusent Thomas Cirillo de vouloir échapper à une enquête sur la corruption dans l’armée en démissionnant (voir rapport sur la corruption de l’armée sud-soudanaise de Enough Project (en anglais, 25 pages). Janvier 2017Weapons of mass corruption

Et le 18 février 2017, le président des tribunaux militaires, le colonel Khalid Ono Loki, démissionne à son tour dénonçant une « justice arbitraire, corrompue et discriminatoire à l’encontre de tous les non Ndinkas. »

Pour rappel :

Répartition géographique des ethnies au Soudan du Sud.

Répartition géographique des ethnies au Soudan du Sud.


De : E. J. Reçu le 29 janvier 2017, 12h20.
Extrait d’une déclaration du ministre de l’Information du Soudan du Sud et porte-parole du gouvernement, Michaël Makuei Lueth, à propos de l’application d’une justice de transition, inscrite dans les accords de paix d’août 2015.

Si je suis inculpé aujourd’hui, et que je résiste, que je refuse de me laisser arrêter, qui viendra le faire ?

Le ministre de l’Information a fait cette déclaration en précisant qu’une justice de transition ne pouvait être appliquée que lorsque le pays serait pacifié. Ce n’est qu’à ce moment-là, qu’il répondra de ses actes.

Le Soudan du Sud s’illustre particulièrement dans la répression des journalistes et le muselage des média, à l’image de son voisin du Nord, le Soudan.

Au classement de la liberté de la presse, de l’organisation Reporters sans frontières, le Soudan du Sud est passé du 124ème rang (sur 177) en 2012 au 140ème (sur 181) en 2016. Le Soudan du 170ème rang au 174ème pour les mêmes années.

 

De : Radio Miraya. Reçu le 28 août 2016, 18h08.  Témoignage d’une fillette, interrogée par l’animateur Sunny Martin.

Quand les balles ont commencé a sifflé autour de nous, j’ai été séparée de ma mère et j’ai couru jusqu’à l’église pour y trouver refuge avec d’autres gens. Sur le chemin, des inconnus en uniforme nous ont arrêté en pointant leurs armes sur nous. Ils nous ont ordonné de remettre ce ce que nous avions. Dans un sens, nous avons eu de la chance.

(…)

Nous, les enfants, nous sommes les victimes de cette guerre ! Stoppez cette guerre ! Dites à nos dirigeants que nous aimerions être fiers d’eux ! Nous ne voudrions pas avoir à regretter de les avoir choisis !

 

De : Casie Copeland, du laboratoire d’idées, International Crisis Groupe. Reçu le 29 juillet 2016, 8h29. A propos de Mangar Makur Chuot, coureur du 200m, sélectionné par la Fédération d’athlétisme du Soudan du Sud pour participer aux Jeux olympiques de Rio (5-21 août 2016).

Il attendait encore hier, ses bagages déjà prêts, les détails de son vol [pour Rio de Janeiro]. Il a appris qu’il n’était plus sélectionné par un courriel envoyé par une tierce personne.

Ce réfugié sud-soudanais, champion d’Australie 2014, qui dispose de la double nationalité, vit à Perth. En 2015, il a couru sous les couleurs du Soudan du Sud. C’est le seul athlète du pays a avoir atteint des performances internationales. Pour les JO, il avait opté de courir sous les couleurs du Soudan du Sud, en souvenir de son père tué pendant la guerre civile. Bien que son temps pour le 200m soit supérieur de 26 centièmes de seconde du temps exigé pour être qualifié (20″50), la Fédération d’athlétisme du Soudan du Sud l’avait accrédité.

Le Comité international olympique (CIO) a refusé cette accréditation il y a 8 jours.

Les athlètes sud-soudanais n’ayant pas atteint les temps de sélection, le CIO n’autorise qu’un seul athlète (1 homme, 1 femme) pour représenter le pays.

Pourtant, trois athlètes (1500m masculin, marathon masculin, 200m féminin), dont deux n’ont pas été sélectionnés par la Fédération nationale d’athlétisme, représenteront le Soudan du Sud. Le marathonien, Guor Marial vit aux Etats-Unis, et a été choisi pour son expérience: il avait couru aux précédents JO sous la bannière olympique.

Cinq Sud-Soudanais, réfugiés au Kenya, participeront aux JO de Rio dans l’équipe des Réfugiés.

L’entraîneur de Mangar Makur Chuot a déposé plainte pour corruption auprès du Comité international olympique. 70 athlètes ont été sélectionnés pour l’épreuve du 200m de Rio.

 

De : Médecins sans Frontières. Reçu ce 17 juillet 2016, 23h15. L’organisation internationale annonce qu’elle met à la disposition de la population de Juba, des sacs mortuaires pour récupérer les corps des victimes des affrontements du début du mois.

Sac mortuaire

 

« Rewind« : je n’aurais jamais cru qu’une organisation internationale comme MSF distribue un jour ce genre d’équipement. En 1992, au plus fort de la guerre civile … en Somalie, alors que nous croisions des files de déplacés n’ayant plus que la peau sur les os, une jeune infirmière de MSF, Brigitte, s’était exclamée, en rage : «si ça continue comme ça, on ne demandera plus d’envoyer de la nourriture de l’étranger mais des linceuls». Aujourd’hui, c’est fait. Au Soudan du Sud.
La Croix-Rouge nationale continue de ramasser les corps qu’on lui signale.

 

De : The Eye Radio. Reçu le 20 juin 2016, 10h04. Transcription d’un entretien avec le juge Khalid Mohamed Abdalla, président de la Cour d’Appel du Grand Haut-Nil et le journaliste Daniel Danis. Khalid Mohamed Abdalla est aussi président du comité des juges et magistrats.

«Je vais vous donner un exemple. Il y a beaucoup de tribunaux à Juba [capitale du Soudan du Sud], mais nous ne disposons que d’un véhicule pour effectuer les transferts des prisonniers des centres de détention aux tribunaux. De surcroît, ces trois derniers mois, le fourgon cellulaire n’a pas pu rouler parce qu’il n’a plus de pneus. Il n’a plus que 2 pneus. Les deux autres sont crevés. Ainsi, sommes nous restés pendant 3 mois sans pouvoir transférer un prisonnier au tribunal. C’est une grave violation des droits de l’homme, et nous, juges, avons l’impression de ne pas faire notre travail.»

Les juges de 213 tribunaux au Soudan du Sud ont fait une grève de trois jours pour faire valoir une liste de 29 revendications concernant leurs difficultés financières qui mettent en danger la sérénité de la justice. Parmi ces revendications, leurs indemnisations (transport, logement) et leur couverture santé, non payée depuis 2012.

Après avoir précisé qu’il n’avait même plus de papier quelquefois pour rendre officielles ses décisions de justice, Khalid Mohamed Abdalla donne d’autres détails :

«Nous sommes 50 et quelque juges ici à Juba. Aujourd’hui, seulement 4 ou 5 juges travaillent au tribunal. C’est terrible ! 4 juges utilisent la même table et la même chaise à tour de rôle pour entendre les parties de leurs dossiers !»

 

De : Radio Miraya. Reçu le 3 mai 2016, 19h05.

La radio, «la plus écoutée du Soudan du Sud», a lancé le 2 avril 2016 un programme hebdomadaire de jazz. Animée par David Lukan, l’émission est diffusée le samedi entre 18h et 21h. Sélection du programme :

Miles Davis – All Blues
Miles Davis – So What
Duke Ellington & John Coltrane – In A Centimental Mood (sic !)
Wayne Shorter – Speak No Evil (1964)
Ella Fitzgerald – When I Get Low I Get High
Vince Guaraldi Trio – Linus & Lucy
Nina Simone – Feeling Good
Ahmad Jamal-Invitation
Omar Sosa – Promised Land
Tony Allen – Boat Journey
Rabih Abou-Khalil – Dreams Of A Dying City
Omer Avital – Hafla
Fatoumata Diawara & Roberto Fonseca-Clandestin
Portico Quartet – Gaia

Radio Miraya, radio de la mission des Nations unies au Soudan du Sud, mise sur pied par la Fondation Hirondelle, a émis pour la première fois en 2005, dans la foulée des accords de paix entre le Nord-Soudan et le Sud-Soudan. Elle devait accompagner l’application de ces accords au Soudan du Sud.
Radio Miraya diffuse en arabe et en anglais.

De : Radio Emmanuel, radio communautaire catholique basée à Torit, capitale de l’Equatoria oriental. Reçu le 27 avril 2016, 10h30.

Samedi [23 avril 2016], des agents de la force publique ont arrêté deux individus suspectés par les résidents d’empêcher la pluie de tomber. L’un serait Soudanais du Sud et l’autre Congolais.

D’après les témoignages des habitants, au premier signe de pluie dans la région, les deux hommes gesticulent avec des objets magiques et crient d’une certaine façon. Le capitaine Kasmiro, officier de police municipale, indique que les individus ont été trouvés en détention d’opium [sic] connu sous le nom local de « bang »[marijuana, NDLR].

 

De : Elizabeth Jainana, employée d’une organisation non gouvernementale, dans le Soudan du Sud. Reçu le 19 avril 2016, 13h33.

Qui viendra le premier ?

Qui viendra le premier ? Jésus ou Riek Machar ?

 

Le retour de Riek Machar, leader de l’opposition armée, SPLM-IO (Sudanese People Liberation Movement in opposition), dans la capitale du Soudan du Sud, Juba, a déjà été repoussé trois fois.

Entré en clandestinité en décembre 2013, Riek Machar, ex vice-président, doit retrouver son poste dans un gouvernement de transition, selon les accords de paix signés en août 2015. Fort actif sur le plan international, il résidait à Pagak, dans le Haut-Nil, à la frontière éthiopienne.

C’est d’abord un problème de permis de port d’arme de ses gardes de sécurité qui a été évoqué pour son retard. Les autorités éthiopiennes auraient demandé à ce que les choses soient faites dans les règles avant d’embarquer dans un avion à Gambella en direction de Juba. Puis, les conditions météo.

Puis, les autorités de Juba ont refusé au chef d’Etat-major de la SPLA-IO l’autorisation de se rendre dans la capitale avant l’arrivée de Riek Machar. Ce dernier devait faire le voyage en compagnie d’une quarantaine de militaires.

Il y a de quoi se faire du souci puisque la démilitarisation de la capitale, prévue par les accords de paix, n’a pas été respectée. 3 420 soldats de la SPLA seraient toujours dans Juba, contre 1 370 policiers et militaires de la SPLA-IO. Les premiers auraient dû être cantonnés dans un rayon de 25 km pour éviter les incidents.

Les Soudanais du Sud vivent ces moments dans une intense inquiétude, ce qui déclenche inévitablement des sautes d’humour.
De : The Sudan Tribune. Reçu le 31 décembre 2015, 19h21.

Les seuls Etats où des femmes auraient pu être désignées comme gouverneur, sont des zones en conflit. Nous ne voulons pas assister à l’enlèvement de notre gouverneur, et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas désigné de femmes à ce poste.

Déclaration du président Salva Kiir, lors de la cérémonie d’investiture des 28 nouveaux gouverneurs, le 29 décembre 2015.

La Constitution du Soudan du Sud prévoit un quota de représentativité des femmes de 25% dans la vie politique.

 

De : radio bakhita, radio catholique. Le 20 novembre 2015, 14h30.

N’utilisez pas un vocabulaire discriminatoire et insultant à l’égard des homosexuels ! recommande l’archevêque de Juba, Paolino Lukudu Loro.

L’archevêque plaide pour ne pas discriminer les homosexuels dans un prêche sur les valeurs familiales. Selon lui, les défis à ces valeurs sont posés par le divorce, le mariage mixte, le mariage homosexuel, les coutumes, la pauvreté et les migrations. Comment ses fidèles ont réagi à ce discours…

 

De :  http://rememberingoneswelost.com/main . Le 27 octobre 2015.

Il y a quatre manières de soumettre des noms.

. Remplir le formulaire en ligne
. Télécharger le formulaire sur le site et l’envoyer à l’adresse:        submit@rememberingoneswelost.com
. Envoyer un SMS au  +61481071202
. Envoyer un Tweet @WeRemembering

Pour soumettre des noms par SMS ou Twitter, fournir les informations suivantes : nom, âge, sexe, nationalité, date et lieu du décès ou de la dernière fois où la personne a été vue. Merci d’indiquer si elle est décédée ou présumée morte.

L’association Rememberingoneswelost (Se souvenir de ceux que nous avons perdus) recense tous les morts et disparus dans les conflits soudanais, depuis 1955. Le rapport de l’Union africaine sur les crimes de guerre commis par les armées rivales sud-soudanaises, après le 15 décembre 2013, a été rendu public ce 27 octobre 2015.

Résumé du rapport (en français)

 

 

Du : quotidien britannique The Guardian qui dispose d’une page spéciale consacrée aux organisations humanitaires. Reçu le 21 octobre 2015 à 23h16.

Une employée d’organisation humanitaire expatriée décrit comment elle vit la menace de violences sexuelles à l’égard des employées.

Cela ne m’arrivera peut-être pas. Cela arrivera peut-être à l’une de mes amies, ou à un collègue ou à un autre agent humanitaire qui réside dans ma rue. Mais cela va arriver: nous allons être agressés.

Le meilleur scénario: on se fait voler. Ils prennent nos affaires et s’en vont. Nous avons sauvegardé nos disques durs, téléchargé nos meilleures photos en ligne, nous sommes prêts. Le pire scénario: nous nous faisons violer. Ou tuer. C’est du 50/50 pour ceux qui songent au pire.

Les quatre derniers mois, la sécurité des agents humanitaires au Soudan du Sud s’est sérieusement dégradée. Pendant quelques semaines, on a estimé qu’il y avait une tentative d’agression d’une organisation non gouvernementale par jour. Par chance, pour l’instant, la plupart des tentatives se sont soldées par un échec. Mais ce qui est le plus inquiétant est l’augmentation des actes de violences contre le personnel humanitaire, plus particulièrement des violences sexuelles.

Cela peut débuter comme n’importe quelle nuit: vous allez dîner avec des amis, vous prenez quelques verres, et vous rentrez avant le couvre-feu de 22h. Si vous avez eu une longue semaine, vous restez un peu plus tard après le couvre-feu pour décompresser.

Sur le chemin de la maison, vous vous arrêtez à un checkpoint. Des hommes équipés de AK-47 sont au milieu de la route, et ils portent des uniformes. Votre chauffeur s’arrête. Ils approchent de la voiture et demandent à vos amis masculins de sortir du véhicule. Puis, les hommes armés entrent dans la voiture, et tout se passe de façon horrible, irréversible.

C’est le scénario qui empêche de dormir toute employée humanitaire qui travaille au Soudan du Sud. Quelquefois, les femmes s’en sortent. D’autres fois, non.

Même avec les meilleures procédures de sécurité, il est difficile de savoir comment on peut prévenir ces situations. Nos couvre-feux ont été avancés. On a interdit aux employés de l’aide humanitaire de se rendre dans les restaurants les plus populaires de Juba après que deux de ces incidents ont eu lieu à leur entrée. Mais avec ces attaques de plus en plus fréquentes, on en vient à penser que ce n’est plus qu’une question de temps. Nous sommes devenus des proies faciles, des lapins tétanisés.

Il n’y a pas de réponses simples sur comment gérer cela. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour être préparé au pire. On a mis à jour nos manuels sur comment réagir en cas d’agression sexuelles, nous nous sommes assurés que notre personnel a été formé à administrer la prophylaxie en cas de contamination par le VIH, et nous avons tout fait pour préparer celui-ci à de tels cas. Mais ce n’est pas assez. Nous ne devrions jamais nous trouver dans de telle situation.

Pourtant, les employés de l’aide humanitaire continuent de se lever et de travailler 6 ou 7 jours par semaines pour répondre aux besoins immenses du Soudan du Sud. La famine se développe, les tueries sont quotidiennes dans les différentes régions du pays, et plus de 180 000 personnes vivent dans des camps, sous la protection des Nations unies. On ne peut pas ralentir le rythme.

De la même façon que nous avons besoin que les dirigeants de l’aide humanitaire et de la communauté internationale s’engagent sur les questions de violences contre les populations civiles, nous avons aussi besoin que ces leaders s’impliquent sur les questions des violences contre les personnels humanitaires. L’environnement actuel est intenable. Les humanitaires ne peuvent travailler efficacement quand le risque de violences contre eux et leurs amis n’est pas simplement une possibilité mais une probabilité. Nous avons fait tout ce que nous pouvions. Mais, aujourd’hui, nous avons besoin d’aide.

Le quotidien The Guardian a mis en place un service de messagerie anonyme pour rapporter des faits relatifs au travail des organisations humanitaires.
L’adresse : globaldevpros@theguardian.com avec en « objet » : Secret aid worker

A lire en complément, le reportage de Jason Patinkin (en anglais), Irinnews: All places were dangerous. Témoignages des civils en première ligne sur les conflits.

 

De : Pambazuka News, « Voix africaine pour la liberté et la justice ». Une opinion signée Odomaro Ubangizi, professeur de philosophie et de théologie, à Addis Abeba (Ethiopie) intitulé,  Les énigmes du processus de paix au Soudan du Sud. Reçu le 15 septembre 2015. 9h46.

Le singe ne peut juger d’une affaire qui concerne toute la forêt

Si tu décides de mettre le feu à la forêt, tu ne demandes pas au singe de le faire. Il épargnera sa maison.

Odomaro Ubangizi commente ainsi la participation d’acteurs nationaux et internationaux qui tirent partie du Soudan du Sud aux négociations de paix: Kenya, Ouganda et Ethiopie. Chine, Etats-Unis et Royaume-Uni.

Et quand les Nations unies discutent de sanctions à l’égard du Soudan du Sud, il doit y avoir quelques Etats membres du Conseil de sécurité qui considèrent le Soudan du Sud comme un élément stratégique important pour la stabilité et la paix dans la région. Vous ne souhaitez pas voir un Etat fragile, à côté de la Somalie, du Soudan et de l’Egypte.

Pambazuka News est un cybermédia financé par le Fahamu Trust, association basée en Afrique du Sud. La plate-forme dispose de bureaux à Dakar, au Cap, Nairobi et Oxford.

Prof Ubangizi cite quelques proverbes en langues nationales ougandaises pour émailler sa démonstration ainsi que quelques hymnes  chantés le 17 août 2015, lors d’une messe pour la paix, à Addis Abeba.

Le Soudan du Sud EST déjà considéré comme un Etat fragile.

 

De : The East African, hebdomadaire kényan. Reçu le 10 juillet 2015, 14h42.
A propos du Korbandy’s Saloon, un groupe de poètes du Soudan du Sud, créé en mai 2015, qui se revendique du mouvement de la Négritude, et encadré par Lawrence Korbandy, conseiller juridique du président Salva Kiir, homme d’affaires et ex-président de la Commission des droits de l’homme. Le « Salon » se réunit tous les samedis en soirée. Les poètes soumettent leurs poèmes aux commentaires du public.  Parmi eux, un ancien ambassadeur en Turquie, le petit frère du leader de l’opposition, Lam Akol…. Selon le journal kényan, qui a assisté à une session :

L’écoute des poèmes lus durant cette soirée met en lumière toutes les frustrations qui ont suivi la trahison de la « Terre promise ». La plupart des poèmes décrivent l’espoir que les Sud-Soudanais avaient le jour de l’Indépendance le 9 juillet 2011, et rappellent les 50 ans de combats et de souffrances.

Avant de citer Moses Akol :

Quelques uns pensent qu’écrire est un luxe dans ces temps difficiles. Mais quand vous êtes assis là, déprimé par la guerre et que votre salaire n’a pas été payé, il vaut mieux écrire des poèmes et des nouvelles que simplement se vautrer dans sa souffrance.

 

De : Le communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réuni au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement à Johannesburg, Afrique du Sud, à propos du Soudan du Sud. Reçu le 13 mai 2015. Un extrait.

Le Conseil

Note avec regret l’incapacité persistante et le manque de volonté des dirigeants des parties belligérantes à accepter les compromis nécessaires, pour parvenir à un accord mettant fin au conflit dans leur pays et aux souffrances indicibles infligées à leur propre peuple. Le Conseil souligne que la poursuite des hostilités, au mépris total des souffrances des populations, équivaut à une abdication par les dirigeants sud-soudanais de leur responsabilité la plus élémentaire à l’égard de leur propre peuple.

C’est un communiqué, qui n’engage à rien. Mais c’est la première fois que l’Union africaine condamne aussi fermement l’attitude de l’un des siens, le président Salva Kiir. Un comité doit étudier les sanctions qui pourraient être prises à l’égard des individus et des entités impliqués dans le conflit. Le rapport de la commission d’enquête sur les crimes perpétrés depuis décembre 2013 au Soudan du Sud sera-t-il publié dans les semaines à venir ? C’est à cette aune que l’on saura si l’Union africaine est sérieuse dans ses intentions.
Communiqué du Conseil de Sécurité sur le Soudan du Sud 13 juin 2015 (en français)

 

De : Gurtong, le journal de l’association Gurtong Trust, basé à Juba, soutenu par le ministère des Affaires étrangères suisse et l’association britannique, Africa Educational Trust . Reçu le 15 mai 2015.

Ouverture d’une fabrique de crème glacée à Wau, dans le Bahr-el-Ghazal occidental, par la société indienne Intersperse limited. L’usine produira 675 barres de crème glacée par jour.

De : The Upper Nile Times, journal du Soudan du Sud. Reçu le 4 mai 2015.

«Juba. La nuit dernière, les résidents de la capitale ont été surpris d’apprendre que le brigadier-général Lul Ruai Koang, nouvellement arrivé dans la ville, a eu un malaise dans sa résidence actuelle (Panorama hôtel). Après quelques heures, il a été amené au complexe médical de Juba pour des examens approfondis.

Le médecin de MSF qui s’est rendu dans la chambre du général, raconte avoir trouvé le corps du militaire entouré de plusieurs bouteilles d’alcool, «comme des chatons». Il avoue ne pas avoir compté exactement le nombre  exact de bouteilles de bière, de Johnny Walker et de boissons africaines artisanales

Les infirmiers ont tout fait pour sauver le patient et ont fait appel à des dons du sang. A l’occasion de l’analyse qui devait déterminer le groupe sanguin du jeune brigadier-général, les docteurs auraient procédé à un test ADN. Les résultats ont montré que le militaire était le fils biologique de Chuol Rambang Lueth, et non de Ruai Koang.»

Le Mag’ est parti enquêter sur la signification subliminale du dernier paragraphe.
Le 17 mai 2015, une piste: Chuol Rambang Lueth, proche de Riek Machar, a été le président de la commission de paix et de réconciliation avant l’explosion du 15 décembre 2013. Nous sommes bien en présence d’une métaphore, voire d’une allégorie. Reste à déterminer si Lul Ruai Koang a tenté effectivement d’atteindre l’inaccessible étoile- la paix au Soudan du Sud -par une biture mémorable.

 

De : Sudan Tribune, journal du Soudan du Sud, basé à Paris, en France. Reçu le 30 avril 2015 à 16h30.

«Le 28 avril 2015, lors d’une cérémonie de remise de diplômes, à l’Université de Juba, le président Salva Kiir annonce aux 3000 étudiants du public qu’ils devront chercher du travail dans le secteur privé car la fonction publique n’a rien à leur proposer.»

C’était la première cérémonie officielle de remise de diplômes depuis 2003. L’Université de Juba a été fondée en 1975.

 

De : Anyieth D’Awo, militant des droits de l’homme, fondateur et directeur du projet Roots, association basée à Juba. Reçu ce 14 février à 5h32.

«Après plus d’un an de négociations à Addis Abeba, sous les auspices de l’IGAD, nous, peuple du Soudan du Sud, ne savons que peu de choses de ce qui a été accompli en notre nom et avec notre mandat. Nous avons connaissance d’un processus de paix, officiellement soutenu par les pays de l’Afrique de l’Est et la communauté internationale. Nous savons qu’il y a eu de multiples tentatives pour obtenir un accord mutuel, que toutes ont échoué ou sont restées lettres mortes. Nous n’avons que très peu confiance dans le réglement politique qui a été obtenu de façon aussi rapide. (…)
Médiateurs ! Le Soudan du Sud est plus vaste que Juba. S’il vous plaît, venez dans notre pays ! Donnez-nous des nouvelles ! Nous semblons sceptique, mais nous avons besoin de vous entendre, dans chaque ville et villages de ce pays. Envoyez-nous vos délégués ! Traduisez vos messages et les informations dans nos langues – l’Anglais seul n’atteindra pas les masses. Soyez infatigables dans vos efforts pour nous parler ! NE RENDEZ PAS SEULEMENT VISITE AUX BUREAUX DES MINISTRES OU DES GENERAUX, DU PRESIDENT OU DES POLITICIENS ! Ils comptent mais ce ne sont pas les seuls Sud-Soudanais qui doivent compter. Oui, cela sera fatiguant et prendra de votre temps, ce sera pénible. Mais, c’est nécessaire. C’est vital. Après plus d’une année de souffrances, cette demande ne devrait même pas être faite. Qu’elle soit nécessaire est déjà une chose regrettable. Mais vous avez l’occasion de rectifier cette situation.

NOUS VOUS ATTENDONS !»

Un accord «à la va-vite» entre le président Salva Kiir et son opposant Riek Machar a été signé à l’issue du 24e Sommet de l’Union africaine, le 1er février 2015. Il prévoit que Salva Kiir garde son poste, et que Riek Machar redevienne vice-président en doublon de l’actuel, James Wani Igga. Le nombre de députés au Parlement devrait être augmenté afin de permettre une meilleure représentation de la population. Mais, globalement, la majorité présidentielle et la faction de Riek Machar se répartiront 86% des sièges. Cet accord devrait être finalisé en juillet 2015.

 

De: Les volontaires pour la paix au Soudan du Sud, reçu le 15 décembre 2014, à 15h17.

Hommage à des inconnu-e-s qui prêchent et oeuvrent pour la réconciliation au Soudan du Sud. Musicien et chanteur: Khamish Kenedy. Photographe: Jenn Warren.

 

De: Transparency International, le 4 décembre 2014. Classement des pays selon les indices de perception de la corruption.

Les plus corrompus sont :

  1. Somalie
  2. Corée du Nord
  3. Soudan
  4. Afghanistan
  5. Soudan du Sud

 

De: un employé dans une organisation humanitaire, dans un camp de réfugiés sud-soudanais. Reçu ce 17 novembre 2014 à 13h00.

Le centre était inondé depuis mi-août ,alors on partage le sec avec les lézards, grenouilles, poisons chats, rats, et serpents et… êtres humains. Plein d’ibis magnifiques  (type royal égyptiens, blancs) qui vivent majestueusement en haut des arbres et nous regardent avec dédain (ils ont raison). Ils font un bruit d’enfer le matin entre 5 et 6 heures, Ce qui couvre les pleurs des enfants (5 m de mon lit, à droite, derrière le mur en terre) et la toux des tubars (20 m de mon lit, à gauche).
J’ai 3 couples d’Ibis qui habitent chez moi, à la maison, et j’aime leurs cris le matin, mais ici ils sont une bonne centaine !!! Les rats, j’habite avec eux aussi à la maison, alors on s’entend bien. Il suffit de se mettre d’accord sur quelques règles de base de cohabitation. Difficile avec les serpents.
Et, le matin dès 4 ou 5 heures, non seulement le muezzin appelle bruyamment à la prière, mais aussi les prêtres orthodoxes. Ils récitent des prières au micro dès 4 heures.

Depuis bientôt un an (15 décembre 2013), les leaders sudistes mènent une guerre de pouvoir. Insensibles aux conséquences désastreuses de ce conflit, sourds à tous les appels au compromis, le président Salva Kiir, et son ancien vice-président, Riek Machar, sont murés dans leur ego. Pas d’inquiétude sur la durée de l’affrontement: on continue de leur vendre des armes.

 

De: Chol Matuekz, avec le #mytribeissouthsudan, à Yei, dans l’Etat de l’Equatoria central. Reçu le 3 novembre 2014.

Un grand pas ensemble

 

Pendant que les leaders font semblant de négocier un accord, que les soldats de Salva Kiir et les troupes armées de Riek Machar, et ses affiliés opportunistes, s’entretuent, et que les affrontements entre tribus et clans reprennent du «poil de la bête», d’autres continuent d’y croire et d’agir.

 

De: Douglas H. Johnson, commentaire posté sur sa page Facebook, reçu le 10, juillet à 17h33. Douglas quitte aujourd’hui Juba, capitale du Soudan du Sud après un séjour de deux semaines.

Le grand événement ici, c’est la Coupe du monde de football, et les habitants de Juba bravent le couvre-feu de 23h00 pour se rassembler autour des postes de télévision sous l’oeil des policiers empathiques qui gardent les quelques postes de contrôles lorsque leurs équipes préférées ont perdu un match. A ma connaissance, il n’y a pas eu encore de communiqué du gouvernement qui clarifie le couvre-feu, mais je n’ai aucune connaissance de problèmes de ceux qui ne respectent pas l’heure et je n’ai pas été contrôlé la nuit tombée.

Mais cela ne veut pas dire que certaines personnes ne sont pas harcelées. Le débat sur le fédéralisme offre quelques cas. Les journaux et les éditorialistes sont la cible des autorités, et les média écrits qui évoquent le sujet ont été saisis. Samedi dernier, une personne du gouvernement a essayé de faire annuler une discussion sur le thème du fédéralisme à l’Université de Juba, mais elle a quand même eu lieu. Elle a même été l’objet d’une diffusion sur les antennes de la télévision d’Etat, le lendemain. (Hélas, le récepteur de ma chambre d’hôtel ne propose pas la chaîne d’Etat, et je n’ai pu voir l’émission. Et donc, je ne sais pas du tout ce qui s’est dit).

Le lundi matin, les policiers ont saisi l’édition du quotidien The Citizen qui évoquait la rencontre et ont arrêté trois d’entre nous qui ont répondu aux questions de Radio Bakhita, au cours du programme matinal Wake up, Sudan ! qui touche certainement plus de gens que ne le font les journaux de Juba.

Dans l’introduction de son billet, Douglas H. Johnson, précise que le 8 juillet, les rues de Juba étaient animées, les voitures klaxonnaient, les gens dansaient, à la veille de l’indépendance. Mais à 20h00, tout était redevenu calme (Donc, compte tenu du décalage horaire, ce n’était pas le match Brésil-Allemagne).

Douglas H. Johnson est un historien , spécialiste du Nord-est de l’Afrique. Il a été consulté à de nombreuses reprises, notamment lors des négociations de paix entre Khartoum et Juba au début des années 2000. Il est l’une des meilleures sources d’information sur la question des frontières et  celle du territoire d’Abyei, et participe régulièrement aux groupes de travail sur ces thèmes.

 

 

De : Deng Mangok Ayuel, un ex-enfant des rues de Karthoum, né à Aweil, au Sud-Soudan, converti au métier d’éditorialiste, en date du 10 mai 2014

We are one nation forever,
In epochs of sadness, we unruffled each other,
In minutes of consternation, we embrace together,
When we shortly fall in politics, we hold each other,
When trepidation strikes, fears, we preserve together,
We are not Dinkas, Nuers and Jurchol – we belong to each other
We are South Sudanese.
We are one …!
We shall live together as one people,
 Call our leaders as leaders, spade a spade
No matter the shame, no matter the darkness,
No matter the fear we live, no matter the failures,
We shall return to our roots, do things right, build togetherness
Pray to God for forgiveness, reconcile immediately and stop killing ourselves,
We are for one objective, one vision for all.
We are one …!
We fought for our freedom,
And separated from Sudan at referendum.
And we weep, reducing ourselves to doom,
But who to blame, you or cerebral pragmatism?
Everything but the reality, call it mess of realism,
Oh God, oh God, give us peace, free us from   tribalism;
……and I am worried of YOU, the leaders, not your realm?
We are one …!
Patience shall make things right,
And purge political fear under one hat
Let’s respect ourselves, our political height
In order to grow and become a better terrain,
We need to come together as stunning nation,
Put the hate on the ledge to stop the desolation
And the public relation engraves a new assertion
We are one…!
We are South Sudanese,
No matter who is Mr. Achak,
No matter if he is from Rumbek,
No matter if he is loyal to Dr Machar,
No matter which tribe: Dinka, Acholi, Nuer
He is your brother, from baby nation, South Sudan.
Let’s us fulfill our dreams for freedom, live together as a nation

 

De : Joseph Contreras, directeur de Miraya FM (radio Hirondelle), et responsable de la communication de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS), le 12 juin 2014.

Je n’ai pas été convoqué par le ministère de l’information. J’ai été invité en compagnie du directeur de l’information de la radio à une rencontre avec un représentant de la sécurité, au ministère de l’Information afin d’expliquer la méthodologie appliquée au sein de radio Miraya en matière de traitement de l’information.

L’invitation a été transmise après l’interview du porte-parole de Riek Machar, du SPLM-dans l’opposition sur les antennes de Miraya. Interview au cours duquel James Gatdet Dak insistait sur la présence du président ougandais aux côtés du président Salva Kiir, et son influence sur le chef d’Etat sud-soudanais, lors de leur récente rencontre à Addis-Abeba.

 

Du : Syndicat des étudiants nuers des universités et instituts supérieurs (NSUHI) transmis le 29 avril 2014, à 19h47 (TU), à propos des incidents à Wau – fusillade près d’un camp d’entraînement militaire et défection d’officiers nuers-, dans l’Etat du Bahr-el-Ghazal occidental.

L’un de nos membres a été arrêté dans la nuit du 26 avril 2014. Réalisant que leurs vies pouvaient être en danger, d’autres étudiants nuers de l’Université du Bahr-el-Ghazal ont décidé d’abandonner leurs chambres dans la résidence universitaire pour se rendre au campement de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS) qui leur semblait plus sûr. Nous remercions les soldats de la Mission d’avoir ouvert les portes de leur campement à nos étudiants, même bien tard. Cependant, alors que les étudiants étaient en route pour la Mission, une douzaine d’entre eux ont été arrêtés par des militaires et du personnel de l’Armée de la libération du peuple soudanais (SPLA). Il était impossible d’éviter les contrôles puisque le poste militaire de Grinti se situe entre la résidence des étudiants et le campement de l’UNMISS. Ces étudiants ont été conduits vers des destinations inconnues, et nous n’avons plus aucune nouvelle d’eux aujourd’hui, ce pourquoi nous publions ce communiqué.  Les autres étudiants, arrêtés plus tard le 27 avril, ont été localisés par l’administration de l’Université. 

 

De : Dhieu Deng Leek, président de la Fondation John Dau et de l‘Institut du Soudan du Sud au général Dr Riek Machar Teny, chef du SPLA/M dans l’opposition, en date du 3 mars 2014, transmise le 21 avril à 17h57 (TU).

J’ai appris que le carburant de notre dispensaire* a été pillé par vos hommes, la nourriture pour les enfants mal nourris a été emportée, les médicaments, l’équipement, les lits, les draps, les portes, les panneaux solaires, les ordinateurs, les roues de l’ambulance ont été emportés, les ustensiles, outils, tables qui n’ont pu être transportés par vos hommes ont été brûlés par vos hommes, et tout ce qui permettait au dispensaire de fonctionner ont été volés par vos soldats. Je vous demande poliment que ces objets soient retournés au dispensaire et que les individus qui ont orchestré ces actions soient identifiés et châtiés. Des Américains très généreux ont donné plus de 3 millions de dollars pour ce projet, et je suis fier de dire que les populations Gawaar, Lou, Ndinka, Murle et Anyuak ont bénéficié de nos services de façon égalitaire. Je suis peut-être Ndinka de naissance, mais tout ce que je pense et ce que j’ai accompli sont sud-soudanais. Et tous mes amis nuer et murle peuvent en témoigner…

* le dispensaire des « Garçons perdus » (Lost boys) se situe dans le comté de Duk, Etat de Jonglei. Les « Garçons perdus » sont les garçons des camps de bétail qui ont fui en Ethiopie et au Kenya dans les années 90, et qui ont été séparés de leurs familles du fait de la guerre. Ceux qui n’ont pu retrouver leurs parents ont bénéficié de visa pour les Etats-Unis. Parmi eux, il y a des réussites spectaculaires. Leur organisation est très active aux Etats-Unis et au Soudan du Sud.

De :

  • Alliance for South Sudanese in Diaspora
  • Assistance Mission for Africa (AMA)
  • Citizens for Peace and Justice (CPJ)
  • City FM
  • Community Empowerment for Progress Organization (CEPO)
  • End Impunity Organization
  • Equatoria South Sudanese Community Association USA (ESSCA-USA)
  • Equatoria Rehabilitation and Development Association (ERADA)
  • Generations for Peace
  • Global Partnership for Peace in South Sudan
  • Greater Upper Nile, Bahr el Ghazal and Equatoria Youth Association (GUBEYA)
  • Gurtong Trust – Peace and Media Project
  • Jonglei Peace Initiative, North America (JPINA)
  • Juba Engagement Civic Center
  • Kush Center for African Studies
  • Lost Boys Center for Leadership Development (LBCLD)
  • My Sister’s Keeper
  • Nile Hope
  • Nuer Peace Council
  • The Rally for a Peace and Democracy (RPD)
  • South Sudan Action Network on Small Arms (SSANSA)
  • South Sudan Friends International
  • South Sudanese Professionals in Diaspora
  • South Sudan Healthcare Organization (SSHCO)
  • South Sudan Institute
  • South Sudan Law Society (SSLS)
  • South Sudan Women Empowerment Network (SSWEN)
  • South Sudan Women Lawyers Association (SSWLA)
  • Sudan Sunrise
  • Sudan Unlimited
  • The ROOTS Project
  • Refuge Point
  • Universal Intervention and Development Organization (UNIDO)
  •  Voices for Sudan

Lettre ouverte à  Mme H.E. Dr. Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine, envoyée le 6 mars 2014, transmise le 8 mars à 9h28. Copie au Conseil de sécurité des Nations unies et à la Commission africaine des droits humains et des populations.

Votre Excellence,

Nous nous adressons à vous en tant que fédération d’organisations non gouvernementales internationales et sud-soudanaises pour vous demander où en est la mise en place d’une enquête de l’Union africaine sur les crimes commis en violation des lois internationales durant le conflit au Soudan du Sud. Nous demandons à ce que votre bureau informe la population sud-soudanaise et la communauté internationale concernée sur l’état de développement actuel de cette commission d’enquête.

Le Conseil pour la paix et la sécurité de l’Union africaine a envoyé un message très clair sur l’importance des responsabilités pour les violences commises au cours des affrontements lorsque vous avez déclaré le 30 décembre 2013 qu’il était « urgent de mettre en place une commission d’enquête sur les violations des droits humains et les crimes commis… recommandant de trouver les meilleures façons  et meilleurs moyens de rendre compte des responsabilités, et d’assurer la réconciliation et l’apaisement parmi les communautés sud-soudanaises (….)

Selon nos informations, la Commission d’enquête n’est pas encore opérationnelle (…)

La commission d’enquête devait remettre son rapport au plus tard le 30 mars 2014.

Lire le texte complet -en anglais- sur Gurtong

De: Ngundeng Dang, « prophète » nuer (1830-1906), transmis de l’au-delà par un blogueur ce 7 mars 2014, à 10h43.

Le Soudan sera divisé par la guerre. Un homme barbu perdra le pouvoir. Un Nuer gaucher hissera le drapeau d’un pays indépendant.

Ngundeng Dang était le fils d’un maître de la terre (Kuar muon) des Bul Nuer et sa mère une Lou Nuer. Vers la trentaine, il commença à avoir des crises d’épilepsie/possession, et… devint un prophète tout-puissant chez les Nuers. On ne plaisante pas avec ces histoires : l’homme barbu serait Salva Kiir, et le gaucher, Riek Machar. Source : Douglas H. Johnson.

De: Ferdinand Zvonimir de Habsbourg-Lorraine, conseiller au Comité pour la guérison nationale, la paix et la réconciliation, le 31 janvier 2014, 1h30. Juba.

Chers Collègues,

Veuillez bien noter que la table-ronde internationale au cours de laquelle le Comité pour la guérison nationale, la paix et la réconciliation interviendra, se tiendra comme prévu le 5 février entre 11h00 et 13h00 au Nile Beach Hotel.

Nous espérons vous y retrouver.

Bien cordialement
Ferdinand

De : Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Unmiss), 22 janvier 2014. Un petit groupe d’une quinzaine de femmes d’un camp de déplacés de la région de Bentiu, dans l’Etat de l’Unité, marche 12 km, pour demander au gouverneur de convoquer une réunion de la population sur le thème de la paix et de la réconciliation.

SoudanSud Bentiu r1010551_584118998330442_431087725_n

© Unmiss

Vous provoquez douleurs et souffrances. Vous nous tuez (…) Nous voulons un Soudan du Sud en paix pour que nos enfants puissent étudier, s’amuser et jouer ensemble sans considération de leur appartenance tribale.

De: Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Unmiss). 20 janvier 2014. 1h04. Un incident a lieu, hier, dans la concession de l’Unmiss à Bor, la capitale de l’Etat du Jonglei. Le ministre de l’Information, accompagné de deux gardes de sécurité armés a voulu pénétrer dans l’enceinte où 9 000 personnes ont trouvé refuge après les affrontements de ces dernières semaines. Les casques bleus, qui ont mandat de protection de la population civile (et ont le droit de tirer) ont refusé l’entrée aux gardes. En effet, quelques jours auparavant, ordre a été transmis aux forces des Nations unies de passer au détecteur et fouiller les personnes se rendant dans les campements de déplacés sous leur protection. Des barbelés ont été installés tout autour de ces sites, à Juba, Bor, Bentiu et Malakal. 

Finalement, les casques bleus ont laissé entrer ces gardes armés. Mais, l’épisode a provoqué un court-circuit entre le président Salva Kiir et le secrétaire-général Ban Ki-moon.

De: MSF, 10 janvier 2014, 9h21. Les locaux de Médecins sans Frontières Hollande ont été pillés à Bentiu, dans la capitale de l’Unité. L’organisation y était présente depuis 2010 et supervisait un programme de traitement de la tuberculose et du Sida ainsi qu’un centre de nutrition. Elle était l’une des dernières délégations humanitaires à être sur place. En raison de l’insécurité dans la ville, le personnel s’est replié, il y a 48h, à Leer, à 3h30 de route de Bentiu où MSF gère un hôpital depuis bientôt 25 ans.

De : Elisabeth, 8 décembre 2013, 2h50. Un centre de soins. Avec des canettes récupérées et de l’imagination, des mobiles pour faire passer le temps:

Que pouvais-je faire d’autre avant de les quitter?

De : Elisabeth, 30 novembre 2013.
La cuisine sur le terrain

Soudan du Sud. Cuisine de terrain.

Soudan du Sud. Cuisine de terrain.

De : Elisabeth, 21 novembre 2013, 16h53 (TU)

Je suis de retour dans les monts Nouba. Peut-on ouvrir une mission dans les parages ? Il y a eu des bombardements ces derniers jours. Souhaitez-moi bonne chance ! »

De : Elisabeth, 17 novembre 2013, 13h00 (TU), au Soudan du Sud

« Les forces armées soudanaises (SAF) lancent une offensive dans les monts Nouba, essayant de couper la route partant de Jau vers le nord alors que je devais amener une nouvelle équipe dimanche prochain. Je skype depuis 6 h 30 ce matin, je m’endors sur mon ordinateur.

De : Jean-François, novembre 2013
Une vue aérienne de Juba, capitale du Soudan du Sud.
AvionJubaP1040780

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s