Soudan du Sud: le pont de la Liberté de Juba

L'ancien pont de Juba sur le Nil blanc

L’ancien pont de Juba sur le Nil blanc

Le pont de la Liberté, qui aurait dû traverser le Nil blanc, près de la capitale Juba, est à l’image du Soudan du Sud. Stoppé en plein vol. Ne subsiste du projet, financé par l’aide japonaise à la prévention des conflits et la construction de la paix, que quelques piles, et un pont temporaire mouvant qu’empruntent les piétons.

Le 19 mars 2015, le président Salva Kiir avait donné le premier coup de pelle lançant officiellement les travaux. L’ouvrage, d’une longueur de 560 m,  allait suppléer au vieux pont métallique de Juba, situé non loin de là.
Agée de 45 ans, avec seulement deux voies, cette artère vitale de la ville supporte les lourds camions, chargés de tous les produits de consommation, qui viennent directement du Kenya et d’Ouganda*, et le trafic suscite d’énormes embouteillages.

La construction du pont de la Liberté annoncée en 2012 avait déclenché une ruée des promoteurs et investisseurs sur les terrains avoisinants, et suscité les espoirs des habitants de voir leur quartier mieux équipé, avec des routes goudronnées et un accès à l’eau potable.
La coopération japonaise avait prévu également l’installation de structures d’approvisionnement en eau mais aussi l’extension du port de Juba sur le Nil blanc.

Les violences qui ont éclaté en décembre 2013, avaient repoussé le début des travaux du pont, et ralentit la progression des deux autres programmes. Les incidents s’étant transformés en guerre civile, les ingénieurs japonais ont quitté le pays.
Après quelques semaines d’absence, ils reviennent. Riek Machar, leader de l’opposition, est de retour à Juba.

La veille des cérémonies de l’indépendance, Juba est à nouveau dans la tourmente.

Le 17 juillet 2016, les Japonais sont rentrés chez eux, et le projet du pont de la Liberté, celui de l’approvisionnement en eau potable de Juba (qui aurait dû être achevé en septembre 2017) tout comme celui du port, sont à l’arrêt. Les sites sont aujourd’hui entretenus par des équipes réduites d’ouvriers sans perspective de reprise des travaux. Comme une métaphore de l’état de la nation sud-soudanaise.

Sources: The Nation Mirror, Christian Science Monitor, JICA (Japan International Cooperation Agency)

______________

* Le Soudan du Sud ne produit que très peu de biens locaux. Tout est importé, et les produits coûtent 3 fois plus cher que dans les pays voisins (Relire Le coût de la vie en Afrique de l’Est, selon Numbeo)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s