Kenya : et maintenant ?

State House, palais présidentiel, Nairobi, Kenya
«
Bon anniversaire, Uhuru
», ont chanté les partisans de Uhuru Kenyatta, alors que le président sortant kényan venait d’être déclaré vainqueur (98,26% des voix) de la présidentielle, pour la seconde fois.

Que seulement 38,84%* des électeurs se soient déplacés ce 26 octobre -jour des 56 ans de Kenyatta-, n’entament en rien sa bonne humeur. «Je suis déjà venu ici [au centre de conférences Bomas of Kenya, siège de la commission électorale durant le dépouillement des votes] et j’espère que c’est la dernière fois!» lance-t-il en préambule avant de célébrer la résistance des Kényans aux aléas du récent processus électoral. «La Cour suprême n’a jamais contesté les chiffres de la première élection mais la façon de transmettre les résultats», reprend-il, avant de se lancer dans une démonstration de sa bonne foi pour se conformer aux lois constitutionnelles du pays et de son engagement pour l’avenir des droits démocratiques. De son adversaire -sans le citer- il raille l’inconséquence d’avoir contesté l’élection du 8 août et de ne pas se présenter à cette seconde présidentielle. Il remercie les Kényans qui sont allés voter, en dépit des violences, et des «mauvais sorts» qu’on leur a jetés. Le public s’esclaffe.

Uhuru Kenyatta n’offre pas aujourd’hui de dialogue ou d’ouverture à l’opposition. Pour lui, il est primordial d’achever le processus électoral, en d’autres termes, attendre sa prestation de serment pour le nouveau mandat, et ensuite, on verra.

Face aux vives réactions et aux violences susceptibles d’éclater du fait des péripéties de ce scrutin, le président kényan se contente de plaider en faveur de la tranquillité des écoliers du primaire et du secondaire qui sont en train de passer leurs examens finaux. «Leur avenir ne doit pas être compromis». Il  reprend son slogan de campagne «votre voisin reste votre voisin, en dépit des résultats des urnes».

Pas sûr que la méthode Coué fonctionne.

Son principal opposant Raila Odinga avait demandé une recomposition de la Commission indépendante des élections et des frontières comme préalable à sa participation ainsi que plus de rigueur dans la transmission des résultats. N’ayant pas obtenu satisfaction, il s’était retiré de la consultation le 1er septembre dernier.

Le 26 octobre, celui-ci annonçait la modification du nom de son parti. La National Super Alliance (NASA) devient le National Resistance Movement.

 

______________

* Aux élections générales dont la présidentielle du 8 août 2017 : le taux de participation était de 79,51%, dont 54,3% pour Uhuru Kenyatta et 44,9% pour son principal opposant Raila Odinga.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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