Sur la liste noire « Trump » : Soudan et Somalie

somalieDouche froide au Soudan. Et en Somalie. Et au Kenya. Les porteurs de visa et les réfugiés autorisés à s’installer aux Etats-Unis, sont bloqués dans leurs pays par le décret du président Donald Trump du 27 janvier 2017.

Khartoum ne s’attendait pas à ce revirement après l’allégement des sanctions économiques et financières, validé par Barack Obama, président en fin de mandat, le 13 janvier dernier.

Après 20 années d’embargo, voilà que les Etats-Unis semblaient reconnaître leur effort dans la lutte contre le terrorisme. Voilà que l’espoir d’un accès humanitaire aux populations du Darfour et du Nil bleu faisait oublier le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre Omar el-Béchir. Voilà que les Etats-Unis fermaient les yeux sur la répression de l’opposition, les abus des droits de l’homme, les 6 violations de cessez-le-feu dans les monts Nouba, pour envisager la reprise des investissements dans le pays.

Cependant, quinze jours plus tard, le nouvel occupant de la Maison blanche, Donald Trump interdisait aux ressortissants soudanais de mettre un pied sur son territoire pour cause de terrorisme.

Espoirs déçus

Les autorités soudanaises attendaient avec impatience l’arrivée au pouvoir de ce millionnaire, tant elles se heurtaient à l’indifférence de Barack Obama pour sa « coopération » en matière de renseignements sur les groupes armés islamistes.

Car, Donald Trump, lui, promettait de centrer son action sur la lutte contre les shebabs, Boko Haram, et les groupes armés du Sahel, tout en déclarant ne pas vouloir imposer une « manière de vivre américaine« , c’est-à-dire imposer la démocratie, et le respect des droits de l’homme, à l’étranger.

Le général soudanais Hanafi Abdallah pouvait s’égosiller deux jours après le décret, que « le bureau de la CIA de Khartoum est le plus important pour le Moyen-Orient« , son propos ne pèsait pas lourd. Même les détenteurs de carte verte de résidence aux Etats-Unis sont restés bloqués soit dans les aéroports étatsuniens à la sortie de leur vol, soit dans les aéroports de leurs pays ou de pays tiers.

Pour l’instant, Khartoum s’arme de patience et n’a pas protesté officiellement contre cette discrimination.

En se montrant discret, Omar el-Béchir garde les mains libres à domicile.

32 journaux ont été interdits de publication entre novembre et décembre 2016, et les journalistes ont été empêchés de couvrir le 27 janvier dernier, le retour du président du parti Ouma, Sadiq al-Mahdi après plus de deux années d’exil.

Procédures bloquées pour les Somaliens

Dernière heure : 12 mars 2017. Un peu plus de 200 Somaliens, expulsés des Etats-Unis, ont débarqué à Mogadiscio.

25 000 réfugiés somaliens seraient actuellement engagés dans une procédure de réinstallation aux Etats-Unis. Une bonne partie d’entre eux vivent dans les camps de déplacés, et de réfugiés, notamment au Kenya.

Une centaine d’entre eux avaient même vendu tous leurs biens, et tenaient leurs billets d’avion dans la main lorsque le décret de Donald Trump est tombé. Ils devaient rejoindre Atlanta, Buffalo, Des Moines et St Louis ces jours-ci. Et le délai de 90 jours fixé par Donald Trump ne leur laisse que peu d’espoir.

Les universités américaines ont conseillé à leurs étudiants des 7 nationalités concernées par l’interdiction d’éviter de se rendre dans leurs pays dans les prochaines semaines. Mais, sur place, d’autres qui venaient d’apprendre qu’ils ou elles étaient bénéficiaires de bourses d’études aux Etats-Unis, se retrouvent plongés dans l’angoisse.

En novembre 2016, un jeune Somalien de 18 ans, Abdul Razak Ali Artan, a blessé 11 personnes après avoir foncé sur des piétons en voiture, puis attaqué des passants avec un couteau de boucher, à Columbus, dans l’état de l’Ohio (Etats-Unis).

Le Kenya s’apprête à fermer les camps de réfugiés du nord du Kenya. Pour ceux qui étaient sur le départ, c’est un drame. Car retourner dans les camps, c’est risquer de devenir la cible des shebabs pour avoir voulu se réfugier chez l’ennemi à abattre, les Etats-Unis.

 

Sur le bureau

Histoire de migrants somaliens et superbe carte interactive illustrant les chemins parcourus sur le site de l’Office international des migrations.

Sur le site

Le dénouement des élections somaliennes.

 

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