Soudan du Sud: « Un podium qui mène à la liberté »

Défilé de mode pour les fillettes sud-soudanaises contraintes au mariage

© Armstrong Too

Des photos de mode dans le camp de réfugiés de Kakuma, au nord du Kenya, et au Sud-Soudan. La campagne Catwalk to Freedom (Podium vers la liberté) veut sensibiliser le public au sort des jeunes Sud-Soudanaises contraintes au mariage par leurs familles.

Au Soudan du Sud, 5% des adolescentes de moins de 15 ans, et  52% des jeunes filles de moins de 18 ans sont déjà mariées. Avec une dot payée en têtes de bétail, la femme sud-soudanaise est une monnaie d’échange, et source de revenus pour sa famille, surtout, en période de crise. Le prix est fixé non seulement en fonction de son âge, sa beauté, la place sociale de la famille, mais aussi de son expertise en matière de traditions.

Cette valeur marchande conduit à tous les abus, puisque des gamines pubères se retrouvent vendues à des hommes d’âge mûr et plus que mûr. Les orphelines de la guerre civile sont bradées contre argent comptant par les proches.

On oublie l’école, l’éducation quand le futur marié met 75 vaches ou l’équivalent en cadeaux sur le tapis. Les jeunes filles sont démunies devant ces situations et les fuyardes, sévèrement battues, voire emprisonnées.

Nyagoa Nyuon Bany, styliste de mode, associée avec le photographe kényan Armstrong Too ont donc lancé une campagne pour dénoncer ces pratiques qui privent les filles de tout avenir.

L’idée ? Leur offrir un portrait d’elles-mêmes, positif, en les faisant poser maquillées et vêtues des robes de la maison de couture House of Bany*, installée à Juba, et enregistrer leurs témoignages pour un documentaire destiné à sensibiliser les autorités, et leurs compatriotes sur la question.

Associer le côté clinquant de la mode à un sujet grave est toujours un exercice ambigu mais pas superflu.
Les lois de l’Etat sud-soudanais laissent un vaste espace à l’inégalité des genres, en cédant aux lois coutumières.

Photo de mode Catwalk to Freedom

© Amstrong Too.

* House of Bany. « Bany » est un mode honorifique de s’adresser à quelqu’un. Nyagoa Nyuon est la fille d’un des « pères » de la rébellion du Sud-Soudan lorsque la région n’était qu’un Etat autonome de la Confédération du Soudan. D’ethnie nuer, William Nyuon Bany, commandant de Anyanya II, avait rejoint John Garang de Mabior (ethnie Ndinka) pour combattre le régime de Khartoum. En 1991, il quitte les rangs de l’Armée de libération du peuple soudanais (SPLA) et se retourne contre John Garang. Quatre ans plus tard, il change d’avis. Les membres de son ethnie, dont Riek Machar, le vouent alors aux gémonies et ne rêvent que de s’en débarrasser. En janvier 1996, c’est chose faite, dans une embuscade de son convoi.

Sur le même sujet

La bande-annonce du documentaire Catwalk to Freedom (en cours de réalisation).Le site Girls not Brides (Des filles pas des fiancées)
This Old Man Can Feed Us, You Will Marry Him. (Ce vieil homme a les moyens de nous nourrir, tu l’épouseras) Rapport HumaRW (en anglais)

 

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