Les sportifs de l’Afrique de l’Est aux JO de Rio

Entraînement dans les Ngong Hills, près de Nairobi, Kenya.

Dans les Ngong hills, près de Nairobi, Kenya. © UNHCR.

1 025 athlètes Africains participent aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro (5-21 août 2016) sur 10 500 athlètes mondiaux. 120 portent les couleurs des pays de l’Afrique de l’Est : Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan, Soudan du Sud et Tanzanie. Pour en savoir plus, en quelques graphiques…

Les délégations sportives du Kenya, Ouganda, Tanzanie, Somalie, Soudan et Soudan du Sud

Dans les 80 athlètes kenyans présents à Rio de Janeiro, il y a tout de même 2 équipes de 12 personnes de rugby à 7 !

Le « bulldozer » kenyan

Sortant d’une série d’accusations sur la pratique du dopage (7 athlètes interdits de compétition en novembre 2015)*, le pays a fait un début fracassant aux JO avec «l’affaire Michael Rotich». Le directeur de la délégation kényane, Hassan Wario, a été piégé en caméra cachée, il y a quelques mois, par des journalistes de la télévision allemande ARD, et de l’hebdomadaire britannique Sunday Times. Ce dernier se fait passer pour un entraîneur cherchant à éviter les contrôles anti-dopage. A la question du journaliste «How much ?» (Combien ?) pour l’information sur le jour des contrôles, le Kenyan avance le montant de 10 000 £ (11 700€).

Les média ont diffusé le reportage au lendemain de l’ouverture des Jeux comme une punition infligée au Comité international olympique pour ne pas avoir fait correctement son travail en matière de lutte contre le dopage. On a trouvé mieux pour remonter le moral des troupes !

Michael Rotich a été expulsé des JO, et il a été emprisonné dès son retour à Nairobi.

Autre affaire, moins d’une semaine après le début des JO : l’entraîneur kenyan John Anzrah n’a rien trouvé mieux que de faire un petit tour de passe-passe de carte d’accréditation, empruntant celle du coureur de demi-fond Ferguson Rotich pour accéder à l’enceinte des participants des compétitions. Du coup, il s’est retrouvé en plein contrôle de dopage et a dû soumettre un flacon d’urine sous le nom de Ferguson Rotic. Usurpation d’identité.
Cette affaire a eu le mérite d’attirer l’attention des journalistes kenyans sur le fait que les « officiels » qui accompagnent les athlètes nationaux à Rio sont très  très nombreux et pas très impliqués dans la tâche de préparer les champions.

John Anzrah a été expulsé et lui aussi, a pris la direction de la prison à son retour au Kenya.

La première participation du Soudan du Sud aux JO

Plus discret, un autre parfum de corruption virevolte autour de la désignation des sportifs du Soudan du Sud.

La société Samsung, partenaire de l’organisation des Jeux olympiques de Rio de Janeiro, a fondé ses espoirs sur une jeune coureuse, Margret Rumat Rumar Hassan, âgée de 18 ans, et réalisé un film de promotion -par ailleurs, superbe- à son sujet. Mais Margret n’a pas atteint les temps de qualification pour les Jeux dans sa discipline, le 200 m, et n’a jamais remporté de compétitions. Pourtant, elle a été sélectionnée au détriment d’un champion bien réel, d’Australie, mais qui avait décidé de courir pour son pays d’origine.

Mangar Makur Chuo a manqué de 26 centièmes sa sélection. Il n’a pas eu droit à un repêchage. Le CIO a argué qu’il y avait déjà assez de 70 coureurs pour le 200 m masculin.

120 athlètes en quelques graphiques

Dans quelles disciplines concourent les sportifs de l'Afrique de l'Est ?

Ne sont pas repris sur ce graphique les disciplines où il n’y a qu’un sportif ou une sportive comme haltères, tir à l’arc, saut en hauteur, javelot, et 100 m brasse.

 

C’est dans les longues distances que les athlètes de l’Afrique de l’Est foisonnent.

25 candidats dans le marathon, 6 (3 hommes et 3 femmes) pour le Kenya, 4 dont 1 femme pour l’Ouganda et autant pour la Tanzanie. Guor Marial, le Sud-Soudanais, a été lui, sélectionné, non pas, par la Fédération nationale mais par le Comité international olympique (CIO). Il ne vit plus au Soudan du Sud mais le CIO est allé le chercher aux Etats-Unis.

11 candidats sont en lice pour le 5000 m, répartis entre le Kenya (5 dont 3 femmes), l’Ouganda (5 dont 2 femmes) et la Somalie. Le benjamin des 120 athlètes de l’Afrique de l’Est concourt dans cette discipline là où certains sélectionné-e-s font du tourisme dans le 50 m nage libre. Il s’agit de l’Ougandais Jacob Kiplimo, 15 ans au compteur.

Le candidat de la Somalie, Mohamed Daud Mohamed, 20 ans, n’est pas né dans ce pays, mais à Wajir, dans le nord-est du Kenya. Après avoir été rejeté plusieurs fois par les instances sportives, Mohamed se rend à Mogadiscio où il remporte des compétitions et se fait remarquer par les sélectionneurs.

Le 3000 m steeplechase réunit 10 athlètes dont 4 femmes.

Une majorité d'hommes parmi les 120 athlètes de l'Afrique de l'Est
C’est la délégation d‘Ouganda qui ne compte que 7 femmes sur 21 athlètes sélectionnés, qui est grandement responsable du fort taux de représentation masculine. Mais, elles ne sont que 33 sur 80 athlètes dans la délégation kényane, et encore, c’est grâce à la présence des rugbywomen qui sont au nombre de 12 !

Les Kényanes constituaient la seule et unique équipe féminine alignée par le continent africain en rugby à 7. Parmi elles, des vétéran-es de plus de 30 ans ! Et pour une première expérience, elles s’en sont bien sorties : 11ème sur 12.

C’est une Kényane qui est la doyenne de notre sélection : 37 ans. Et le benjamin ougandais n’a finalement qu’un an de moins que la nageuse somalienne, Haneen Ibrahim (16 ans), qui participe au 50 m nage libre.

La pyramide des âges des 120 athlètes

De l’Ougandais Jacob Kiplimo, 15 ans (5000m), à la Kényane Grace Wanjiru, 37 ans (20 km marche) : les 120 athlètes de l’Afrique de l’Est par âge.

Quel âge ont les athlètes kenyans ?

La plus importante délégation de l’Afrique de l’Est avec 80 représentants.

 

Enfin, n’oublions pas que 5 Sud-Soudanais et 1 Ethiopien concourent sous la bannière des Réfugiés aux JO de Rio de Janeiro aux côtés de 2 nageurs syriens et 2 judoka congolais. Il s’agit de :

  • Yiech Pur Biel, 21 ans, 800 m
  • James Chiengjiek, 28 ou 29 ans, 400 m
  • Paulo Lokoro, 23 ou 24 ans, 1 500 m
  • Anjelina Nadai Lohalith, 21 ans, 1 500 m
  • Rose Lokonyen, 23 ans, 800 m

et l’Ethiopien, Yonas Kinde, 36 ans, marathon.

 

_________

* L’Agence de lutte contre le dopage avait également estimé que les lois kényanes étaient insuffisantes en matière de surveillance et contrôle. Le Kenya a renforcé sa législation en mai 2016.

 

Sur le bureau

Vidéo à propos de Julius Yego, lanceur de javelot kenyan, qui n’a jamais eu d’entraîneur, jamais disposé d’un terrain d’entraînement (mais si, mais si).

Kenyan born athlete to represent Somalia at Rio. A propos de Mohamed Daud Mohamed, né au Kenya, et qui concourt sous le drapeau somalien.

Sur les participants somaliens aux JO :

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