Soudan du Sud, pays brisé: Dominic Nahr expose ses photos à Arles

Dominic Nahr aux Rencontres photographiques d'Arles - Soudan du Sud pays brisé

Sur un mur, une chronologie qui s’achève sur une série de « Peace deal signed, fighting continues » (Accord de paix signé, les combats continuent)

Dominic Nahr photographie le Soudan du Sud depuis 2010. Le fruit de son travail est exposé aux Rencontres photographiques d’Arles jusqu’au 25 septembre 2016.

Il n’est pas courant de voir des photos du Soudan du Sud en Europe. En général, le pays est fixé en une image qui peut être, au choix, un jeune garçon presque nu au milieu de ses vaches, un visage scarifié de Nuer ou de Shilluk, ou une « crevette » humaine suspendue à une balance dans un centre de nutrition.

Mais depuis l’indépendance du pays en juillet 2011, il y a d’autres situations, d’autres événements à documenter. Et le photographe suisse s’y est attelé comme si le Soudan du Sud devenait une cause à défendre en soi.

Soudan du Sud, pays brisé. Dominic Nahr

Basé à Nairobi, Dominic Nahr a donc multiplié les séjours dans le plus jeune pays du monde illustrant ses premiers pas : joie, espoir des habitants et le retour des nuages (d’inquiétudes).

On ne se contente pas de « voir » mais pour la première fois peut-être, on écoute les Sud-Soudanais parler d’eux-mêmes.

Dans une vidéo*, le photographe a interrogé, avec son compère Marc Hofen, Joseph, le président du jury qui a choisi l’hymne national.  Une fierté digne et sobre se dégage dans la description du processus de sélection auquel il a participé.

Joseph, président du jury qui sélectionna le texte de l'hymne national.

Joseph, président du jury qui sélectionna le texte de l’hymne national.

 

Suivent les témoignages de ceux et celles de la « diaspora » exilés par la seconde guerre contre Khartoum (1983-2005). Deng, originaire d’Aweil, s’est d’abord réfugié dans la capitale soudanaise, puis en Egypte et au Royaume-Uni avant de rentrer à Juba, au bout de 16 ans. Aluel raconte ses errances au gré des attaques des « arabes », les soldats de Khartoum et les miliciens qui leur sont affiliés. Mary évoque la dernière guerre civile qui a éclaté en décembre 2013 et son ralliement à Riek Machar en Ethiopie tandis que Chan se réconforte comme il peut :

La meilleure des choses que nous pouvons faire est de nous aimer les uns les autres et de surmonter nos différences. Cela fera du Soudan du Sud un meilleur pays et mon souhait est que le Soudan du Sud soit un des plus beaux pays à l’avenir

 

Primé pour son travail sur le Soudan du Sud, en 2013 par la Fondation du World Press Photo Dominic Nahr a arpenté d’autres terrains dans d’autres temps pour le compte de l’hebdomadaire Time Magazine: des pays africains comme la Somalie, le Mali, le Sénégal ou la République démocratique du Congo. Les photos de ce pays avaient saisi en 2010 les visiteurs du Festival international de photojournalisme de Perpignan.

Mais, le photographe,  est allé aussi s’aventurer au Japon, après la destruction de la centrale de Fukushima ou sur la place Tahrir du Caire (Egypte) lors du « Printemps arabe ».

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Rencontres photographiques d’Arles. Dominic Nahr. « Soudan du Sud, pays brisé ». Fondation Manuel Rivera-Ortiz.

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* La version de la vidéo intégrée dans cet article diverge légèrement de celle présentée à l’exposition d’Arles.

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