Soudan du Sud : la guerre des nerfs

Qui viendra le premier ? Jésus ou Riek Machar ?

 

Qui viendra le premier ? Jésus-Christ ou Riek Machar ? C’est ce que se demandent non sans humour les Soudanais du Sud alors que leader de l’opposition armée SPLM-IO (Mouvement pour la libération du peuple soudanais dans l’opposition) vient de repousser pour la troisième fois son retour à Juba.

Pour la plupart d’entre eux,  le retour de l’opposant dans la capitale du pays, serait la première marque d’apaisement depuis le conflit ethnique qui a éclaté en décembre 2013.

L’application de l’accord de paix du 17 août 2015, signé avec réticence par le président Salva Kiir, avec son opposant, l’ex vice-président, Riek Machar, traîne lamentablement en longueur, au grand dam de l’Autorité intergouvernementale pour le développement et la Troïka (Etats-Unis, Royaume-Uni, Norvège) qui ont encadré les négociations.

Riek Machar doit retrouver ses fonctions de vice-président dans le gouvernement de transition dès son retour.

L’Assemblée nationale, renouvelée, doit également se pencher rapidement sur un projet de Constitution définitive.

La décision unilatérale du président Salva Kiir de créer 28 nouveaux Etats a compliqué singulièrement le processus de paix. En effet, le chef de l’Etat a redessiné les frontières étatiques en isolant les communautés ethniques et asseoir une base Dinka (son ethnie) forte dans certaines régions, notamment dans les zones pétrolières. Une commission a été créée d’urgence pour examiner ces nouvelles frontières.

Enfin, il est clair que la SPLA (Armée de libération du peuple soudanais) n’a pas respecté son contrat qui était de cantonner ses troupes dans un rayon de 25 km de la capitale soudanaise. Dans les régions d’Equatoria occidental et du Bahr-el-Ghazal, elle s’est lancée dans une opération de nettoyage des sites occupés par la SPLA-IO en violation* du cessez-le-feu signé depuis janvier 2014. Et pour couronner le tout, le chef d’Etat-major de la SPLA, Paul Molong Awan a claironné que lui, vivant, «Riek Machar ne sera jamais président» faisant allusion aux élections qui devraient être organisées à l’issue des 30 mois de la période de transition.

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* Le cessez-le-feu n’a jamais été respecté par aucun des mouvements en conflit.

Sur le bureau

Le texte de l’accord de paix signé le 17 août 2015 sur le site de Sudan Tribune

Sur le site

Les 28 Etats de Salva Kiir
Soudan du Sud : la fracture

 

 

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