« Last Hijack », regards croisés sur la piraterie somalienne

Dessin extrait de Last Hijack par Gustavo Garcia/Aaron Sacco. Production Submarine

© Gustavo Garcia/Aaron Sacco/Submarine.

Last Hijack, Le dernier détournement, c’est celui de Mohamed Nur, un pêcheur somalien de 26 ans, qui, en 2008*, décide de rejoindre une équipe de pirates.

Son commandant, Omar, dirige deux embarcations qui abordent le Svitzer Korsakov, un remorqueur tout neuf de 35 m, battant pavillon russe, le 1er février de  cette année-là. A son bord, le capitaine britannique Colin Darch, un Irlandais et 4 Russes, qui navigue de plateforme en plateforme pour le compte de la compagnie danoise Maersk.

Tommy Pallotta, réalisateur de films et passionné des nouvelles formes de narration, a décidé de croiser les entretiens du pirate et du capitaine, pour en faire un documentaire hybride, interactif, illustré et animé magnifiquement par Gustavo Garcia et Aaron Sacco.

L’intention de Tommy Pallotta, et de sa productrice Femke Wolting, qui n’hésitent pas à brouiller les pistes sur les faits réels -sans doute à la demande de Maersk-, est d’expliquer pourquoi et comment on devient pirate en Somalie. Documenter le parcours des chômeurs, des gagne-petits qui se mettent au service d’un réseau international d’hommes d’affaires, de gangsters et de terroristes pour réaliser leurs rêves de richesse.

C’est au journaliste Jamal Osman, et au caméraman Ahmed Arsi qu’a été confié le soin de filmer en Somalie.

Après un détournement de bateau, on ne peut pas revenir chez sa femme, à la maison.

Après cette expérience, Mohamed Nur a divorcé et a acheté 3 voitures et 3 maisons, à Garoe, en plein centre de la Somalie. Il a l’ambition de tenir un hôtel qui deviendra un centre d’activités touristiques à Garoe.  Pour cela, il refera d’autres « coups ».

Carte de la pêche illégale sur les côtes africaines

@ Submarine

En suivant la chronologie -le réalisateur place les faits en novembre-décembre 2008-, avec un dessin qui rappelle le viseur d’une arme, on peut accéder à une série d’entretiens complémentaires qui offre à saisir le contexte, et du pays, et du réseau des intermédiaires, et des assurances maritimes, et de l’argent. En cliquant sur l’un des « boutons » de la cible, on peut écouter : un agent de sécurité internationale, l’avocat kényan des pirates, la femme de Colin Darch, le directeur somalien d’un programme de réinsertion des anciens pirates, des pirates, et des journalistes somaliens de la radio

L’internaute est libre de ses choix. Temps de consultation estimé pour l’ensemble de ce document multimedia : 2h30/3h.

Last Hijack a remporté le Reflet d’Or de la meilleure oeuvre transmedia en 2014, au Festival Tous écrans, à Genève (Suisse), le Prix Europa dans la catégorie « Document en ligne », et en 2015, un Emmy Award International, à Cannes (France) dans la catégorie « Programme numérique ».

__________________

* 2008 a été l’année record des paiements de rançon aux pirates somaliens : 12,87 millions de dollars (11,8 millions d’euros).

 

Sur le bureau

Le site de Last Hijack, qui propose le film et le document interactif.

(Re)lire sur le site :Fictions et documentaire sur les pirates de la Somalie

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s