Afrique de l’Est: d’où décollent les drones?

Les bases de drones américaines en Afrique, selon le journaliste Nick Turse. Sources d'information : ISR Studies, The Washington Post, The New York Times, Foreign Policy. Nairobi* est notée comme une base "inconnue".

Les bases de drones en Afrique, selon le journaliste Nick Turse. Sources d’information : ISR Studies, The Washington Post, The New York Times, Foreign Policy.
Nairobi* est notée comme une base « inconnue ».

Le journaliste Nick Turse est le fondateur du site TomDispatch (la dépêche de Tom), qui se présente comme « l’antidote aux grands médias », un ancêtre de The Conversation. Cet Américain a fait ses premières armes dans l’investigation,  en révélant les crimes de guerre de l’armée de son pays contre la population civile vietnamienne.

Depuis quelques années, il étudie les documents issus d’Africom (Commandement des Etats-Unis en Afrique), un organisme de coopération et de formation militaire créé par les Etats-Unis le 1er octobre 2007, et dont le siège est à Stuttgart, en Allemagne.

Africom se veut discret sur les opérations qu’il mène en partenariat avec les armées nationales. Mais, au-delà des photos, postées sur les réseaux sociaux par les soldats américains, on peut deviner d’autres activités que de prendre la parole sur des estrades et des échanges de sourires.

En 2014, Africom aurait mené 68 opérations militaires, soit 13 de plus que l’année précédente. Les soldats ont appuyé les forces françaises au Mali et en République centrafricaine, ont fourni la logistique lors de l’épidémie d’Ebola au Liberia, et elles contribuent à la lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur entre Ouganda et Centrafrique.

Parmi les 674 activités recensées en 2014 (+ 172 par rapport à 2013), des exercices de transmission de renseignements, des manoeuvres en mer Cutlass Express (« Coutelas express ») de lutte contre les pirates, et sur terre  Flintlock (« silex ») contre les terroristes, en partenariat avec les Etats transsahariens.

Africom disposerait officiellement de 11 « bases » d’action sur le continent africain.

Sur la carte ci-dessus, Nick Turse a compté 14 bases de lancement de drones en se fiant à des articles publiés dans des journaux.

La majorité se situe en Afrique de l’Est pour des raisons historiques.

Les Etats-Unis ont signé les premiers accords militaires avec l’empereur Haïlé Sélassié en 1953. Les Ethiopiens  cherchaient à se défaire des Britanniques avec qui ils étaient en conflit au sujet de l’Erythrée et de l’Ogaden. L’un des plus grands services américains d’écoutes, la station Kagnew, à Asmara (aujourd’hui, capitale de l’Erythrée) a fonctionné de 1943 à 1977 (Guerre froide).

Depuis 1976, les Seychellois offrent des facilités de ravitaillement à l’armée étatsunienne. L’île de Mahe est une base opérationnelle pour le lancement de drones depuis 2009.

Le Kenya a signé un accord militaire en 1980 avec les Etats-Unis, autorisant l’usage  des aéroports et du port de Mombasa. Le souci majeur est de protéger la route des tankers dans l’océan Indien.

C’est en septembre 2002 que les troupes américaines s’installent à Djibouti. Le camp Lemonnier préfigure ce qui sera développé par Africom. Le président Barack Obama a signé en 2014 un nouveau bail de 20 ans avec les autorités djiboutiennes.

Si les Etats-Unis disposaient déjà de facilités sur l’aéroport de Kampala, en Ouganda, dans les années 90, les accords militaires d’aujourd’hui remontent au début des années 2000 et visent plus particulièrement la lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Les attentats des shebabs à Kampala en 2010 ont renforcé la coopération avec Africom.

Information : le 2 janvier 2016, les autorités étatsuniennes annoncent la fermeture de la base de Arba Minch, en Ethiopie. Les raisons de cette fermeture : la région est devenue instable et la sécurité des opérations est menacée.

 

Sur le bureau

The Intercept. L’un des sites de Nick Turse.
Crossed Crocodiles. L’auteur ghanéen de ce blog reprend les informations publiées par Foreign Policy.

L’Africom, une force à vocation militaire, mais pas humanitaire. Irin News. 18 mars 2008.

Djibouti entre superpuissance et superpauvreté. Philippe Leymarie. Le Monde diplomatique. Février 2003.  Les premiers pas de l’armée américaine au camp Lemonnier, à Djibouti.

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