Les enfants de la guerre, oubliés par l’Ouganda

Le centre Butterfly à Gulu, Ouganda oeuvre pour les victimes du conflit entre les forces armées et les rebelles de l'Armée de la résistance du Seigneur.

Le centre Butterfly à Gulu, Ouganda oeuvre pour les victimes du conflit entre les forces armées et les rebelles de l’Armée de la résistance du Seigneur. Photo: Mocha CLub*

Un enfant grandit comme un arbre solitaire quand il a grandi sans amour

En juin 2007, le gouvernement ougandais a signé un accord fixant les termes de la réconciliation avec l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony. Le mouvement était représenté par Martin Ojul.

Cet accord était susceptible de restaurer la paix dans les communautés ougandaises affectées par les actes commis par la LRA ou les Forces de défense d, et permettre aux enfants-soldats de réintégrer leurs familles.
Suite à celui-ci, un groupe de travail a été chargé d’élaborer un projet visant à rendre justice et à indemniser les victimes de cette guerre.

Une enquête sur les femmes et leurs enfants « de la guerre »

La Fondation McArthur a mené une enquête sur la situation des mères et de leurs enfants dans le Nord de l’Ouganda (Acholi, Lango et Ouest-Nil), victimes des conflits internes, huit ans après cet accord.

Les enquêteurs ont rencontré des femmes, mères biologiques ou adoptives de  1 609 enfants dont 493 enfants, soit 31%, ont été identifiés comme « enfants de la guerre ».

481 des 493 enfants ont pour père un soldat d’un groupe armé.

Sur ces 493 enfants, 437 sont nés suite à des violences sexuelles.

Sur un total de 437 enfants .

Sur un total de 437 enfants.

 

Sur ces 437 enfants, 330 auraient pour père un membre de l’Armée de résistance du Seigneur.

46 ont un père soldat de l’armée ougandaise (UPDF) ou de l’Armée de résistance nationale (NRA).

Statistiques sur 437 enfants nés de violences sexuelles.

Sur 437 enfants, nés de violences sexuelles.

Bien que le rapport de l’atelier de travail sur la justice transitionnelle ait mentionné les femmes et les enfants comme des catégories de victimes très vulnérables, celui-ci ne propose rien de spécifique pour les aider.

Il distingue les « enfants nés en captivité », prisonniers de la LRA qu’il recommande d’indemniser, de ceux qui sont nés suite à des violences de la part des soldats des forces armées ougandaises.

La loi d’amnistie, publiée en 2000, indique seulement que tout Ougandais qui a été engagé dans un conflit à partir du 26 janvier 1986 a droit à une indemnisation forfaitaire. Elle ne tient pas compte des possibles enfants nés durant le conflit.

Stigmates

«Les mères, notent les enquêteurs, ont refait leur vie avec de nouveaux compagnons,  mais la plus petite dispute dans le couple fait ressurgir le passé de la femme». Les membres de la famille, voire de la communauté alimentent à coups de rumeurs, ces reproches.

62% des femmes et 64% des hommes dont les enfants sont nés en captivité doivent payer seuls les frais scolaires, leurs partenaires refusant de participer à cette dépense.

Les enfants « de la guerre » sont également l’objet de discrimination à l’école.

En matière d’héritage, la tradition ougandaise repose sur le lien avec le père qui transmet sa terre ou fournit la dot pour le mariage.
Les femmes souhaiteraient que le gouvernement responsabilise les pères, qui, par la loi d’amnistie de 2000, se sentent totalement déchargés de leurs obligations.

Elles demandent à ce qu’une partie des soldes des militaires qui ont abusé d’elles soient retenue comme aide à l’éducation des enfants ou que l’Etat subvienne aux besoins de ces enfants si particuliers dans la société ougandaise.
Sur le bureau

Alone Like a Tree: Reintegration Challenges Facing Children Born of War and Their Mothers in Northern Uganda. Lindsay McClain Opiyo. John D. and Catherine T. MacArthur Foundation. Enquête réalisée grâce au Women’s Advocacy Network (WAN) du Justice and Reconciliation Project.

I am Evelyn Amony. Reclaiming my life from the Lord Resistance Army. Le témoignage d’une des femmes de Joseph Kony, enlevée en 1997, à l’âge de 11 ans. Son « mari » l’a laissé partir en lui disant que, de toute façon, elle était marquée à jamais de son « mariage » avec lui. Elle donne un éclairage intéressant sur les tentatives d’accord de paix qui ont eu lieu entre le gouvernement ougandais et la LRA au début des années 2000.

Le Mocha club, à l’origine de la photo publiée au début de cet article, est une association fondée par le styliste, Barrett Ward et quelques amis, en 2005, après avoir travaillé comme directeur des ventes à l’international pour une société d’édition. Aujourd’hui, Barrett Ward a monté sa propre entreprise, « FashionABLE », qui fait fabriquer ses produits (cuir, bijouterie fantaisie et foulards) en Ethiopie. Le Mocha Club finance des micro-projets de développement qui s’adressent à des femmes particulièrement vulnérables. Très actif sur les réseaux sociaux, il fait appel à des « micro-dons ».

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