Human Rights Watch enquête sur les viols collectifs de Tabit

SOUDAN-TABIT-R

Les autorités soudanaises ont empêché les enquêteurs de la mission des Nations Unis et de l’Union africaine pour le Darfour de pénétrer dans la bourgade de Tabit (Nord-Darfour) après les premières révélations sur les crimes commis par l’armée entre le 30 octobre et le 1er novembre 2014.

L’organisation des droits de l’homme, Human Rights Watch, ne s’est pas laissée intimider, ni les habitants qui ont subi les exactions des militaires.

Ce 12 février 2015, la division Afrique de HRW publie un rapport (en anglais) Mass Rape in Darfur -Sudanese army attacks civilians in Tabit (48 pages).

C’est par téléphone et en collaboration avec des associations locales d’entraide, que Human Rights Watch, a mené l’enquête.

Tabit est un bourg de 7000 habitants, situé à 55 km au sud-ouest de la capitale de l’Etat du Nord-Darfour, El-Fasher.

Le 2 novembre 2014, Radio Dabanga, basée aux Pays-Bas, diffuse des témoignages sur une opération militaire qui vient de s’y dérouler : les hommes ont été battus et plus de 200 femmes ont été violées.

Les autorités nient aussitôt les faits. En réponse à l’insistance de la Minuad qui veut mener son enquête, elles ferment le bureau des droits humains de la mission à Khartoum, puis expulsent le chargé des affaires humanitaires des Nations unies au Soudan, enfin le ministre de la Défense, Ali Karti, (voir, notes de terrain)  demande aux responsables de la mission d’envisager le départ définitif des troupes.

L’enquête de HRW indique que l’armée soudanaise a mené trois attaques successives : dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 octobre 2015, le 31 de 9h00 à midi, et la nuit suivante. Entre 100 et plusieurs centaines de soldats, dont des hommes de la garnison voisine de Tabit, y ont participé.

HRW a conduit des entretiens avec 16 témoins directs des événements, et a collecté des faits de 23 sources «crédibles».

Les témoins racontent que les soldats cherchaient un de leur camarade disparu, fouillant maison par maison. Sous la menace des armes, ils ont violé femmes, filles et fillettes, certaines dans les rues du bourg. Les hommes ont été parqués dans un stade de football et battus sévèrement. Les maisons ont été pillées.

Après ces attaques, un commandant de la base voisine est venu présenter ses excuses et a demandé aux gens de ne rien dire sur ce qui s’était passé.

Le 4 novembre, les chefs traditionnels de Tabit et des environs s’accordent sur le fait de dire que «rien ne s’est passé à Tabit» et convoquent des habitants pour passer le mot: «le silence ou la mort».

Puis, les soldats occupent Tabit, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir. Les autorités interdisent aux victimes de consulter des médecins ou des agents de santé et les réfèrent aux médecins traditionnels.

Après une visite de 4 heures, à Tabit, le procureur spécial des crimes du Darfour, Yassir Ahmed Mohamed, escorté par l’armée, et quelques journalistes, déclare qu’il n’a rencontré aucune victime et aucun témoin d’incidents.

Human Rights Watch réclame qu’une nouvelle enquête indépendante soit menée pour documenter les incidents. Les victimes interrogées réclament justice.

A télécharger

Rapport de HRW sur les viols collectifs de Tabit

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