Contre les bombes, dans les monts Nouba

Stop-Bombing hospital-2Du 18 juillet au 23 août 2014, l’artiste américano-soudanais Khalid Kodi a parcouru les villages et les camps de déplacés des Etats du Sud-Kordofan et du Nil bleu, pour promouvoir l’art-thérapie auprès des enseignants et des membres d’organisations humanitaires afin d’aider les populations à surmonter les traumatismes de la guerre.

Les villageois souffrent de la faim. Ils ne parviennent plus à cultiver leurs terres en raison des bombardements et les autorités bloquent toujours l’accès humanitaire aux régions.

A Kauda, Khalid Kodi avait organisé un atelier de quatre jours, qui a été suivi par une soixantaine de déplacés, adultes et enfants. Les participants ont été encouragés à exprimer leurs angoisses, leurs peurs et leurs sentiments au cours de sessions artistiques.

Le groupe de stagiaires a ainsi contribué à une campagne de mobilisation contre les bombardements en réalisant une série de photos.

Les déplacés ont posé devant leurs écoles, leurs églises, mosquées, et hôpitaux, brandissant des panneaux de protestation contre les bombes de Khartoum.

Khalid Kodi, qui enseigne les Beaux-Arts dans un collège de Boston, s’est rendu également à Yida, un camp qui abrite 68 000 réfugiés ainsi qu’à Maban où sont regroupés plus de 260 000 déplacés.

La campagne contre les bombardements est menée par le Sudan Democracy First Group, une organisation, dont l’adresse officielle est à Kampala (Ouganda). Elle rassemble des syndicalistes, des éducateurs, professeurs et des militants des droits de l’homme soudanais. Elle a été créée en avril 2010 peu après les élections générales qui ont reconduit le Parti du Congrès national au pouvoir à Khartoum.

Les forces armées soudanaises ont lancé plusieurs offensives terrestres ces derniers mois contre le SPLM-N (Mouvement de libération du peuple soudanais-Nord), et ce, peu après l’échec d’une nouvelle rencontre entre des délégations du gouvernement et du mouvement, à Addis-Abeba (Ethiopie).

Les bombardements du Sud-Kordofan n’ont jamais vraiment cessé, mais depuis mai 2014, les avions ont ciblé les hôpitaux, les écoles, les églises et les mosquées.

Devant le refus du gouvernement soudanais d’intégrer tous les mouvements d’opposition dans les discussions de paix comme il le réclame, le SPLM-N a entamé une stratégie de petit-pas, acquérant le soutien (du bout des lèvres) des partis d’opposition de Khartoum, déçus par les conditions du dialogue national* que leur propose le président Omar el-Béchir.

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* voir sur ce blog, A Khartoum, la vie politique est une affaire de familles

 

 

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