« Toujours debout » raconte le fardeau des femmes violées, au Kenya

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Le 13 juillet 1991, plus de 70 écolières ont été violées par leurs camarades masculins dans les dortoirs de Saint-Kizito, à Akithii, dans la région de Meru. Dix-neuf sont mortes étouffées, prises de panique au moment du raid. Les adolescentes avaient refusé de suivre un mot d’ordre de grève lancé par les garçons.

Le directeur avait commenté: « les garçons ne voulaient pas leur faire de mal, ils voulaient seulement les violer« .

Par la suite, l »école a été rebaptisée Saint-Cyprien. Une poignée de garçons avait comparu en justice.

Ces incidents et crimes étaient monnaie courante dans les différentes régions kényanes, mais peu rapportés par peur du scandale.

En 2006, une quinzaine de collégiennes de la région de Nyeri qui protestaient contre les conditions de vie à la pension de leur école, ont été violées par leurs camarades.

Des crimes qui restent impunis

L’histoire de Ziborah Iafa, victime d’un viol collectif, il y a six ans est évoquée dans le diaporama de Till Muellenmeister, produit par IRIN.

Non seulement la police, la justice sont lentes à traiter les affaires de viol au Kenya, mais les institutions de santé son mal préparées à accueillir les victimes de viols et d’agressions sexuelles.

Au Kenya, il n’y aurait qu’un psychologue pour 800 000 habitants.

 

L’Unicef estime qu’une femme est victime d’un viol toutes les 30 minutes au Kenya.

Les dernières statistiques de la police (2010) indiquent:

Screenshot (59)

Il ne s’agit bien entendu que des plaintes enregistrées par la police. Les associations précisent que peu de femmes font des déclarations de viols.

Selon une enquête de l’Institut des affaires économiques (2009), 20% des policiers demandent un « kitu kidogo » (un petit quelque chose) pour enregistrer les dossiers de viol.

En octobre 2013, des centaines de personnes ont défilé dans les rues de Nairobi pour protester contre la condamnation de trois violeurs à des peines légères de travaux publics (couper le gazon). La victime, âgée de 16 ans, qui rentrait chez elle après un enterrement, avait été retrouvée dans une fosse de  près de 4 mètres de profondeur. Elle avait identifié ses agresseurs aussitôt. Les policiers ont attendu quatre mois avant de les arrêter. Une pétition avait circulé sur les réseaux sociaux rassemblant plus d’1,2 million de signatures.

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Sur mon bureau :

War on Women. Dossier de IRIN  (vidéo et diaporama).

Masculinity & Boy child violence. Caroline W. Kariuki. Université du Cap. Etude sur les pratiques violentes des écoliers kényans.

Tackling Police corruption in Kenya. Enquête de l’Institut Guerre et Paix (IWPR). Août 2013.

Rapport annuel sur les crimes 2010. Police kényane.

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