Tanzanie : les nouveaux chemins de la drogue

L'équipage du Luna-S, navire battant pavillon tanzanien, a mis le feu à sa cargaison de cannabis le 8 septembre 2013 pour tenter d'échapper aux douanes françaises, en mer Méditerranée.

L’équipage du Luna-S, navire battant pavillon tanzanien, a mis le feu à sa cargaison de cannabis le 8 septembre 2013, en mer Méditerranée. © Douanes françaises.

Le 8 septembre, un navire, le Luna-S, battant pavillon tanzanien, est intercepté par la marine nationale française, en mer Méditerranée, au large de la Sardaigne, avec une vingtaine de tonnes de cannabis à bord. L’équipage tente d’échapper aux douanes en mettant le feu à sa cargaison et enflamme le bâtiment.

La veille, un autre navire, le MV Gold Star, battant également pavillon tanzanien, avait été intercepté par les forces armées de Malte et la police italienne, à la suite d’un incendie déclenché pour les mêmes motifs. Ce jour-là, c’était trente tonnes de cannabis parties en fumée. Des prises « exceptionnelles » selon les autorités françaises.

Bien qu’il ne s’agisse dans ces deux cas que de l’utilisation de pavillon tanzanien, les deux faits divers rappellent que la Tanzanie est devenue l’une des plaques tournantes du trafic de drogue provenant d’Afghanistan, du Pakistan et de Birmanie, à destination du marché sud-africain.

Selon le rapport de l’Office des nations unies contre la drogue et le crime (Unodc) publié en juin 2013,  85 kilos de cocaïne ont été saisis dans ce pays en 2011, et d’après le Premier ministre tanzanien, Mizengo Pinda, 250 kilos d’héroïne et 151 kilos de cocaïne ont été saisies en 2012.
On est loin du record de l’aéroport de Roissy, le 11 septembre 2013 (1,3 tonne de cocaïne cachée dans 31 valises), mais la Tanzanie a vu multiplier par cinq la quantité de drogue saisie sur son territoire depuis 2009.

Saisie d'héroïne 2010-2012. Source: Unodc.

Saisie d’héroïne en Afrique 2010-2012. Source: Office des nations unies contre la drogue et le crime (Onudc).

Pourquoi la Tanzanie? Les trafiquants tirent profit de la porosité des frontières, de l’absence de contrôle dans les ports et aéroports et du manque de surveillance des côtes. En outre, le commerce maritime traditionnel se fait par des petites embarcations, les boutres, qui circulent librement entre le golfe Persique et le Mozambique. Dar-es-Salaam n’a ni les moyens policiers, ni les moyens judiciaires pour lutter contre le trafic.

Toujours selon le Premier ministre qui s’exprimait le 26 juin dernier à l’occasion de la Journée contre la drogue, 10 799 Tanzaniens en liaison avec le trafic de drogue ont été arrêtées depuis 2007, dont 400 pour la seule année 2012.

200 ont été arrêtés à Hong Kong (Chine), et 103 au Brésil. Le 20 juin dernier, quatre boxeurs amateurs tanzaniens ont été condamnés à 15 ans de prison pour avoir tenté d’introduire 4 kilos d’héroïne à l’île Maurice en 2008.

Si la Tanzanie est un port d’entrée de la drogue pour l’Afrique australe, elle est aussi une destination pour celle qui vient d’Afrique du Sud. Entre 2008 et 2011, les centres de soins du pays auraient accueilli 20 000 patients. Aujourd’hui, la Commission de contrôle des drogues fait état de 4 684 drogués sous traitement, dont la moitié vivrait à Dar-es-Salaam. 40% des patients sont atteints du VIH, 68% de l’hépatite C, et 11% de l’hépatite B.

Deux centres d’accueil pour les drogués existent dans la capitale.

A lire: la compilation des articles sur le trafic de drogue en Tanzanie sur le site AllAfrica (2012).

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