De l’aide exclusivement féminine

Ouganda. ©Amy Fallon.

Ouganda. ©Amy Fallon.

L’opération a débuté il y a quelques années au Nigeria, puis ce fut le Ghana, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda et le Soudan du Sud. Peu de journalistes francophones ont parlé de cette aide particulière qui consiste à distribuer des serviettes hygiéniques aux jeunes filles scolarisées. A croire que la question des absences mensuelles des écolières ne se posent pas dans des pays de langue française. Ou bien, est-ce le sujet que les médias francophones n’osent pas aborder ?

La question est simple : considérant le prix d’un paquet de serviettes hygiéniques dans des boutiques ou sur les marchés locaux, combien de jeunes filles peuvent en acheter tous les mois ?

Pour ne pas entamer le budget familial -selon les témoignages recueillis par les journalistes anglophones- les fillettes et adolescentes utilisent le système D : papier journal quand on possède une culotte, ou linges en lambeaux  (comme nos grands-mères) que l’on lave au fur et à mesure. Et hop, on retourne à l’école, emmaillotée. D’autres ne disposent même pas  de cette ressource et restent à la maison, de l’eau à portée de main.

Certains articles et communiqués d’organisation donnent des chiffres -hélas, non sourcés- sur cette absentéisme mensuel: 45% de de jeunes filles au Kenya (?), 28% en Ouganda (?)… En tout cas, le problème est reconnu. Des élus locaux ont fait appel aux autorités et aux organisations comme Oxfam ou Wash in Africa.

AInsi, se sont-elles lancées dans la distribution de serviettes réutilisables, ajoutant au paquetage, du savon, des culottes ainsi que des documents d’information sur le respect de l’hygiène et la prévention du sida. Certaines se sont associées avec des fabricants étrangers: Zana Africa travaille avec le groupe suédois des serviettes Libresse.

D’autres projets envisagent la production à petite échelle de serviettes hygiéniques. Karibu rêve s’inspire de l’exemple d’un projet au Rwanda, pour mettre au point des prototypes. L’idée est qu’une petite entreprise ou que les jeunes filles puissent les fabriquer elles-mêmes.

Sujet extrêmement féminin

Dans les pays où les femmes sont infibulées, la question de l’absentéisme -et là, non seulement à l’école mais aussi au travail- peut surgir au détour d’un reportage car la mutilation féminine est une cause certifiée. Donc, on peut aborder le sujet des menstruations plus facilement.

A Mogadiscio, nous parlions à IIDA de cette dizaine de jours où les femmes restent chez elles. Souvent clouées par la douleur. Avec un espace large comme une tête d’aiguille à tricoter au niveau de l’entre-jambe, le sang des menstruations ne peut s’écouler normalement, et stagne.

Pour en savoir un tout petit peu plus :
Le magazine féminin canadien « Chatelaine« , version anglaise, s’est fendu d’un petit article sur le sujet « Imagine using leaves because you can’t get feminine pads » (Imaginez que vous ayez à utiliser des feuilles parce que vous n’avez pas de serviettes hygiéniques).

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4 réponses à “De l’aide exclusivement féminine

  1. Euh, un petit probleme de traduction au-dessus. Dans l’article canadien « Imagine using leaves because you can’t get feminine pads’, le mot « leaves » veut dire « feuilles », pas « jours de conges ». Ca m’a fait rire. 🙂

  2. Traduction du titre de l’article corrigée ! Merci Tamara ! Mais du coup,quel est le plus terrible ? Etre absente de l’école (ou de son travail) parce qu’on n’a pas de serviettes hygiéniques ou se confectionner des serviettes hygiéniques avec des feuilles ?

  3. Bonsoir, Je me permet d’intervenir car je suis presidente de l’association Karibu Rêve. Je vois dans votre article que nous nous serions inspirés d’un exemple au Rwanda pour mettre en place le projet des serviettes hygiéniques. Cela aurait pu arriver car nous sommes à l’écoute de belle initiative de part le monde.
    Mais en fait, nous avons juste pris compte de la demande des enseignantes des 2 écoles que nous soutenons. Elles nous ont demandé des serviettes hygiéniques pour diminuer l’absenteisme des filles dû à leur periode mensturelle. Nous avons opté pour les lavables pour 3 raisons :
    – Permettre aux jeunes filles d’avoir un set de serviettes pour plusieurs années
    – Respecter l’environnement en evitant beaucoup de déchets
    – Dynamiser l’économie locale en donnant les serviettes à faire à des couturieres de la région.

    D’autres associations nous ont contacté pour profiter de notre expérience et ce fut un plaisir de la partager.
    Merci pour votre article.
    Anne

    • Merci de vos précisions! Puissiez-vous rencontrer d’autres « bonne volonté » et donateur-rice-s

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